Biographie de Lizzy Mercier Descloux

Dans l'avant-garde Rock

Elle grandit à Lyon et rejoint Paris pour entrer aux Beaux-Arts. Elle rencontre son futur compagnon Michel Esteban, qui tient la boutique Harry Cover, temple du mouvement punk en France, et à laquelle son logement fait face. Elle ajoute à son nom celui de son père, Descloux.Le couple débarque à New-York en 1975 et fréquente le milieu artistique post punk new wave et no wave. Elle rédige des articles pour le magazine français Rock News, contribuant à faire connaître en France toute cette nouvelle vague qui éclot (Blondie, les Talking Heads, Television et Patti Smith). Ce faisant, elle intègre le milieu underground new-yorkais.Ils s'installent à SoHo, fréquentent le CBGB, les clubs et les galeries, deviennent amis avec Patti Smith (qui partage l'appartement) et Richard Hell (Television, The Voidoids). Tous deux contribuent au premier premier livre de Lizzy Mercier Descloux, Desiderata (poèmes, dessins, photographies). Sur l'album Blank Generation, Richard Hell écrit "Another world" pour "Lizzy Mercier (sic), french poetess", une chanson dont les textes combinent "infantile eroticism with images of identity exchange" (John Piccarella, notes de pochette, p. 11). Rencontre avec Jean-Michel Basquiat.Autodidacte, elle s'achète une Fender Jazzmaster et joue dans les clubs du Lower East Side. En 1978, Lizzy Mercier Descloux accompagnée du guitariste DJ Banes (Didier Esteban) enregistre l'album 6 titres Rosa Yemen pour le label ZE Records, créé par Michel Esteban et Michael Zilkha. L’année suivante, ZE édite son premier album solo, Press Color. Malgré son excellence, l’album ne rencontre pas de succès commercial aux États-Unis où il est très mal distribué, pour ne pas dire introuvable. Cela la poursuivit tout au long de sa carrière.

Pionnière de la Worldbeat

Influencée par le label Ocora Radio France, Lizzy Mercier Descloux, s'intéresse alors à de nouveaux continents et de nouvelles sonorités, à l'heure où ni le mot Worldbeat ni celui de World music n'existent.En 1981 elle enregistre son deuxième album, Mambo Nassau, aux Bahamas. Chris Blackwell, patron d’Island Records, la connecte avec l’ingénieur du son Steven Stanley, un des Compass Point All Stars, et le clavier Wally Badarou, coauteur et coproducteur.L’album est un savant mélange de musique africaine, de rock, de funk et de soul. Il fait impression en Europe et en Asie et permet à Lizzy Mercier Descloux de signer chez CBS France.En 1983, elle accomplit un long périple en Afrique. Partie d'Éthiopie sur les traces d'Arthur Rimbaud, elle finit en Afrique du Sud, alors encore sous le régime de l'Apartheid. Elle s’inspire de la musique de Soweto pour son hit français Mais où sont passées les gazelles ? et l’album du même nom, élu Bus d'Acier 1984, produit par Adam Kidron.Elle enregistre avec ce dernier One for the Soul au Brésil en 1986. Elle est accompagnée à la trompette par Chet Baker sur 5 morceaux.Suspense suit en 1988, enregistré à Londres avec Mark Cunningham du groupe Mars, connu lors de sa période new-yorkaise.En 1995, un projet d'album de Bill Laswell regroupant les gloires de l'avant garde rock - notamment Iggy Pop, John Cale, Patti Smith et Lizzy - échoue. Issue des sessions de cet album avorté, la chanson "Morning high", adaptation du poème "Matinée d'ivresse" d'Arthur Rimbaud et enregistrée en duo avec Patti Smith, figurera en titre bonus dans la réédition conjointe des albums "Rosa Yemen" et "Press Color" en 2003.Elle compose des musiques de film, joue et écrit de la poésie. Elle s’installe en Corse et se consacre à la peinture et à l’écriture.Elle succombe à un cancer en 2004.

Dernière MAJ le 02/03/2014