Biographie de Pierre Mac Orlan

Fils d'officier, tôt orphelin, le futur auteur de Quai des brumes abandonne assez vite ses études et Rouen pour le dessin et Paris. Au début de ce siècle, le jeune bohème fréquente assidûment Montmartre, comme Francis Carco, et tout particulièrement le cabaret Le Lapin à Gill. À tel point qu'il épouse la belle-fille du patron (Marguerite de la nuit). Après avoir vivoté en plaçant des contes illustrés dans la presse humoristique, il bourlingue à travers divers ports d'Europe, qui inspireront ses livres à venir, le Chant de l'équipage, l'Ancre de miséricorde ou encore le Petit Manuel du parfait aventurier.

L'importance de la musique (et de l'accordéon) est évidente dans l'œuvre de Mac Orlan. Beaucoup de ses personnages, hommes et femmes, chantent. Mais, dans la vie réelle, ce seront des femmes qui interpréteront ses textes : Germaine Montero, Monique Morelli, Juliette Gréco, Francesca Soleville, Catherine Sauvage. Les chansons de Pierre Mac Orlan relèvent de la tradition sentimentale (« la Fille de Londres », « la Chanson de Margaret ») comme du pittoresque militaire (« le Départ des joyeux », « Rose-des-bois », « Marie-Dominique », « Bel Abbès »), avec, en toile de fond, cafard, amours impossibles, mauvais garçons, légionnaires, filles perdues et bordels à soldats. Ces textes seront servis par des musiciens de talent, parmi lesquels Georges Van Parys, l'accordéoniste Marceau ou Philippe-Gérard.

La simplicité de ses rimes, les atmosphères typées, le mélange ritournelle-drame, le ton emphatique, l'excès de sentiments (bons ou mauvais) : tout cela semble un peu désuet avec le recul du temps. Il n'en reste pas moins que la chanson populiste de Mac Orlan a su garder un certain parfum d'authenticité et d'envie de vivre. La chanson moderne doit plus qu'elle ne le pense à cet aventurier de l'écriture.

P. L. F.

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Dernière MAJ le 05/09/2015