Biographie de Louis Amade

À la fois haut fonctionnaire et poète, ce Catalan rencontre Gilbert Bécaud le 3 septembre 1952 à 11 heures, à la préfecture de Versailles. Édith Piaf a servi d'intermédiaire. « J'avais écrit un texte que d'autres compositeurs n'avaient pas osé prendre. Ils m'avaient tous dit : c'est de la poésie, on n'en fera jamais une chanson », se souvient Amade. Bécaud le met en musique : « les Croix » sera un des succès de l'année 1953. Damia le chantera à son tour sur ce qui fut le dernier disque de sa carrière. Le « flic » de la chanson. Louis Amade, qui avait écrit un premier texte, « Feu de bois », pour Yves Montand en 1948, devient vite préfet (il est responsable des relations publiques à la Préfecture de police de Paris) et un des auteurs fétiches de Bécaud avec Maurice Vidalin et Pierre Delanoë. Leur fructueuse collaboration débouche sur de belles réussites : « la Ballade des baladins » (1953), « C'était un copain » (1954), « le Pays d'où je viens » (1957), « les Marchés de Provence » (1958), « le Rideau rouge » (1960), dont le fameux refrain (« Car toute la magie du rêve/Est contenue dans ce détail/Un rideau de velours corail/Qui tremble un peu et se lève« ) donnera son nom à la maison d'édition du chanteur. Elle culmine, en 1967, avec « L'important, c'est la rose », qui appartient au panthéon de la chanson française : « La naissance d'une chanson est souvent une chose très simple… Au départ, j'avais l'idée d'une fleur qui se promène dans le temps pour nous faire croire et espérer », confie Amade. Lorsque François Mitterrand sera élu à l'Élysée, l'imitateur Thierry Le Luron transformera cette chanson, qui a fait le tour du monde, en « L'emmerdant, c'est la rose ». Entré par hasard en chanson, auteur de plusieurs romans et de recueils de poésie, ce préfet efficace et taciturne s'est avéré un auteur plein de lyrisme et de générosité. Il travaillera avec Gilbert Bécaud jusqu'à sa mort.

Y. P.

Dernière MAJ le 31/07/2015