Biographie de Jean Nohain

Carrière

Fils de l'écrivain et librettiste Franc-Nohain et de Marie-Madeleine Dauphin, il est le frère de l'acteur Claude Dauphin. Son parrain était Alfred Jarry.En 1918, âgé de 18 ans et avec autorisation de son père, il s'engage dans l'armée et est affecté dans un régiment d'artillerie à cheval et au centre d'instruction de Saint-Julien-du-Sault. C'est lors de son instruction qu'un caporal-chef demanda au peloton « Combien de temps met le fût du canon pour refroidir ? ». La réponse, « un certain temps », devint un sketch célèbre, repris par Fernand Raynaud.En 1934, sur des textes de Jean Nohain, Francis Poulenc compose les mélodies des Quatre chansons pour enfants.Lors de la Seconde Guerre mondiale, il est décoré de l'ordre de la Francisque, marque d'estime du régime de Vichy. Mais il rejoint les Forces françaises libres à Londres, et combat ensuite au sein de la 2e division blindée. Jean Nohain reçoit le 23 novembre 1944 une balle qui lui paralyse le visage pour le reste de ses jours. C'est pourquoi, par la suite dans les émissions de télévision, il s'est toujours efforcé de présenter « son meilleur profil ». Il était souvent accompagné, pour présenter ses émissions, Jacques Courtois et son Omer comme interlocuteur pour ne donner que « le bon côté » de son visage.Il est surtout connu aujourd'hui comme parolier de Mireille. Il a eu néanmoins d'autres titres de gloire dans le passé :
  • Sous le surnom de Jaboune, il organise avant guerre des émissions radiophoniques pour la jeunesse.
  • Il met aussi sur pied l'opération « Reine d'un jour », permettant à une Française prise au hasard de vivre comme une reine le temps d'une journée, en échange de ses impressions.
  • Après la guerre, il organise une émission de variétés télévisée considérée comme de grande qualité, 36 chandelles. C'est cette émission qui fait connaître au grand public Fernand Raynaud, qui en était un invité quasi permanent, ainsi que le ventriloque Jacques Courtois ou encore Robert Hirsch.
Il anime des émissions pour les enfants sur Radio-Luxembourg à la fin des années 1950, puis à la télévision dans les années 1950, 1960 et 1970 en collaboration avec Gabrielle Sainderichin, (le ventriloque Jacques Courtois avec Omer), Gilbert Richard et Jacqueline Duforest.Jean-Nohain fut contraint de prendre sa retraite en 1960, mais pouvait toujours proposer des concepts de programmes pour la télévision, ce qu'il fit jusqu'en 1972. Il a de nombreuses idées originales. Par exemple : aller porter un bonhomme de neige en Nouvelle-Calédonie : Le Grand Voyage de Bonhomme de Neige (à Nouméa)- ORTF 1 chaîne - Noël 1968 - Réalisateur : Max Leclerc. Dès 1960, il invente aussi la première émission de reportages pour enfants à l'ORTF : "Quand j'avais dix ans". Celle-ci met en scène des reporters de dix ans qui abordent des sujets intéressant l'enfance tels, par exemple, un interview d'Annie Fratellini, mais vu sous l'angle et avec les questions d'un enfant de dix ans. Diffusée le jour de congé de tous les écoliers et sur l'unique chaîne de télévision de France, l'émission "Quand j'avais dix ans" connut un très grand succès.Jean Nohain est aussi l'auteur de livres pour enfants comme Friquet pilote de ligne ou les séries des Frimousset, des Grassouillet et de La Famille Amulette, toutes illustrées par Joseph Pinchon, l'auteur de Bécassine.Jean Nohain se caractérisait sur scène par une bonhomie ponctuée de quelques expressions qui lui étaient typiques (par exemple « bien de chez nous », « c'est merveilleux », etc...). Caricaturé sans méchanceté par des humoristes de l'époque, son esprit de perpétuel naïf émerveillé devant les progrès de la civilisation était en phase avec l'optimisme général des années 1950 et 1960, et apprécié pour cette raison.Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 89).Son fils Dominique Nohain a fait une apparition dans quelques-uns de ses spectacles, mais s'est orienté ensuite vers une carrière d'auteur dramatique (Le Troisième Témoin). Il a été marié à Paulette Muraire, fille de Raimu, et à la comédienne Noëlle Norman.

Prix Jean Nohain

En 2004, le prix littéraire Jean Nohain est créé, ses lauréats sont:
  • 2010 - Jean-Jacques Debout, Denis Taranto, Ma vie à dormir debout : Autobiographie, Xo
  • 2009 - Richard Bohringer, Zorglub et les Girafes, Flammarion
  • 2008 - Patrick Poivre d'Arvor pour l'ensemble de son oeuvre
  • 2007 - Roger Hanin, Loin de Kharkov, Grasset
  • 2006 - Catherine Ceylac, Secrets de plateau : 10 Ans de Thé ou Café sur France 2, Le Cherche-midi. (ISBN 978-2749105499)
  • 2005 - Zappy Max, L'âge d'or de la radio, Le Rocher. (ISBN 978-2268052076)
  • 2004 - Charles Aznavour, Le temps des avants, Flammarion. (ISBN 978-2080685360)

Dernière MAJ le 31/03/2014