Biographie de Bruno Blum

Bruno Blum est un chanteur, guitariste auteur-compositeur-interprète et producteur de musique au parcours atypique, surnommé « Doc Reggae ». Né le 4 octobre 1960, il est connu principalement pour son travail dans le domaine du reggae et du rock. Il a également des activités de dessinateur de BD, illustrateur, artiste peintre, photographe, écrivain, interprète et conférencier.DébutsIl est un jeune enfant quand la chanson Les Élucubrations d'Antoine est une révélation pour cet admirateur d'André Franquin et lecteur assidu de l'hebdo Spirou. Quand la diffusion de la publicité est autorisée à la télévision en 1968, ses parents d'origine modeste Nicole et Tony Blum deviennent deux jeunes producteurs de films publicitaires. Ils ont un succès immédiat. Leur société FBI (Falby Blum International) obtient en 1972 la Palme d'Or du Festival du Film Publicitaire à Cannes pour le film Crackers Belin du jeune réalisateur Jean-Jacques Annaud dont FBI produit de nombreux films. La société a déjà ouvert des bureaux dans cinq pays quand Tony Blum s'installe à Toronto au Canada, où son fils le rejoint pendant les étés 1974 et 1975. À quinze ans, Bruno est déjà bilingue après avoir longuement séjourné en Angleterre, aux États-Unis et au Canada mais a échoué au Brevet d'études (BEPC) en raison d'un faible niveau en mathématiques. Son père produit alors le premier film de Jérôme Savary, Le boucher, la star et l'orpheline (1975) avec Gérard Croce, Valérie Kling, Rosa Fumetto, Copi, Michel Simon, Christopher Lee, Delphine Seyrig et Roland Topor. Tout en côtoyant les collaborateurs et amis de ses parents, parmi lesquels les metteurs en scène Jean-Pierre Igoux, Pierre Willemin, Alain Franchet, Jean-Jacques Annaud, Ridley Scott, Tony Scott, Jed Falby, Jérôme Savary, la productrice Monique Annaud et les humoristes Gilles Détroit, Évelyne Grandjean, Jerry Lewis et Pierre Desproges, Bruno Blum rejette le monde de la publicité. Lecteur passionné de Spirou, Pif Gadget, Pilote, Charlie Hebdo, La Gueule Ouverte, Charlie Mensuel, Hara-Kiri, Métal hurlant et L'Écho des savanes il a fondé dès l'âge de douze ans différents magazines de BD amateur comme Le Petit Cancre illustré et Le Potache avec ses camarades du lycée François Villon et Florent Schmitt. Après un épisode au lycée de dessin Auguste Renoir, marqué par une rencontre avec René Goscinny il fonde le magazine de BD Klaus aux Arts Appliqués de Paris où il suit les cours de BD de Georges Pichard, Jacques Lob et Yves Got. En 1974-1975, le très jeune rédacteur en chef réunit pour trois numéros les futurs professionnels Gilles "Klaus" Hurtebize et Bernar pour qui il est scénariste, Fernand Zacot, Jean Teulé, Michel Noé, Catherine Beaunez, Dom le lettreur de Philippe Druillet, Frédéric Garcia, Michel Tourte, et son ami proche Jean-Marie Blanche, fils de l'humoriste Francis Blanche qui inspire les deux amis. Précoce en échec scolaire, exclu successivement de trois lycées dont deux de dessin, il ne passera jamais le baccalauréat. Il est autodidacte et formera par la suite des équipes selon le même principe; il sera ainsi à l'initiative de la plupart de ses projets à venir.

Départ pour Londres

Après deux condamnations pour vol de disques, révolté, et alors que la société de ses parents fait une faillite qui les ruine complètement, l'adolescent à la dérive Bruno Blum part vivre à Londres apprendre le dessin animé avec Oscar Grillo (qui a réalisé plusieurs films d'animation pour Paul McCartney) en 1976-1977. Il vit dans un quartier jamaïcain du nord de Londres, où il découvre les sound systems reggae et le dub. Il vit dans des conditions difficiles, et réside dans des squats où il cohabitera avec des musiciens punks, dont Private Vices et les Electric Chairs. Précoce, il a déjà monté un groupe de rock quand il fait ses débuts professionnels dans Best, le mensuel du rock dont il est correspondant à Londres de 1977 à 1981, chroniqueur, reporter, illustrateur et photographe. C'est son cousin germain Jean-Gilles Blum, un temps correspondant à New York du magazine, qui lui a donné envie de rejoindre Best où Christian Lebrun lui demande de se lancer dans la rédaction d'articles. Il collaborera des années avec la petite équipe comprenant Christian Lebrun, Francis Dordor et Patrick Eudeline, voyageant (et enregistrant) au fil des années en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Jamaïque. Écrite à la première personne dans un style "gonzo" nouveau journalisme vivant, sa rubrique In The City, où l'on peut suivre l'actualité de l'influent rock anglais, est très lue et marque la jeunesse de cette riche période. Il rencontre de nombreux artistes de reggae dont Linton Kwesi Johnson, Steel Pulse, Peter Tosh, Toots & The Maytals, Bob Marley, et contribue largement à faire découvrir le reggae en France avec ses articles. Il rencontrera aussi des artistes de rock, dont Nico, John Cale, Lou Reed, Wilko Johnson, Johnny Thunders et les Heartbreakers, les Pretenders, The Clash, les Sex Pistols, Motörhead, les Rolling Stones, Smokey Robinson, Randy California, Roy Orbison (qui lui accorde sa dernière interview, six jours avant son décès), Paul McCartney et Fela Kuti. En 1978, il devient un temps correspondant à Londres du Monde de la Musique, une émission animée par Pierre Lescure sur Europe 1. Il enregistre et tourne en 1978-79 en Grande-Bretagne avec le groupe punk anglais Private Vices, qu'il a fondé à Londres en 1977. Il sera le premier en France à écrire sur des artistes comme les Pretenders, Devo, Linton Kwesi Johnson, Madness, Motörhead ou encore les Stray Cats, qu'il héberge chez lui à leur arrivée à Londres encore inconnus, dont il dessine le premier logo - et crée le tatouage du batteur représentant une batterie marquée de son nom : Slim Jim Phantom. On peut les voir ensemble, aux côtés d'Antoine de Caunes, sur le DVD de l'émission de télévision Chorus.

Années 80

Écologiste depuis le lycée, c'est en 1980 après une discussion avec la chanteuse des Pretenders, Chrissie Hynde qu'il devient végétarien comme elle, un thème qu'il mettra plus tard en musique dans sa chanson Les Andouilles. Sa BD de fiction sur Motörhead, Rock Commando, parue dans Best et New Music News à Londres devient en 1980 un comic book en Angleterre. Il est ensuite DJ occasionnel au Marquee Club de Londres en remplacement de Mandy H, la première DJ anglaise de renom, avec qui il vit alors. Il crée aussi pour le groupe Madness le périodique Nutty Boys, dont le premier numéro est une BD biographique. Il revient vivre à Paris après l'épisode des Manches à Nice avec le photographe niçois Youri Lenquette à la guitare en 1982. Il entame une carrière de mannequin en 1984-85 et pose pour plusieurs photos publicitaires, notamment pour France Inter. DJ au Gibus Club à Paris en 1984-1986, tout en contribuant à Best dans les années 1980, il participe un temps à l'émission de télévision Les Enfants du rock en tant que reporter et dessine pour les magazines Rigolo, Best et Zoulou, une émanation d'Actuel.Il forme Les Amours (un groupe vocal à six voix) à Paris en 1983 et enregistre avec eux en 1984. Il travaille en 1985 avec Stéphane Poterlot et Daniel Balavoine, qui cherche des musiciens de rock et l'engage pour accompagner sa protégée Catherine Ferry. On les voit dans plusieurs émissions de télévision, dont celle de Michel Drucker. Blum enregistre plusieurs compositions en 1986, mais sans le groupe vocal. Puis après avoir réglé des problèmes personnels relatés dans son livre Shit !, il s'abstient depuis de consommer toute drogue légale (tabac, alcool) ou illégale. Il enregistre et publie en Jamaïque un 45 tours, Des Couleurs (1989) avec les musiciens de Ziggy Marley. Colourful Dub est en face B. Il grave Ça Bouge (sur la Place Rouge) à Paris, sorti fin 89, coïncidant avec la chute du Mur de Berlin. Son premier album Bruno Blum (1990) réunit ces enregistrements, qui incluent deux dubs. Il est ainsi le premier Français à jouer, produire et publier des disques de dub. Un clip rock de L'Histoire de ma guitare est diffusé sur M6.

Années 90

En 1990 Bruno Blum accompagne Willy DeVille sur scène et Bo Diddley au Casino de Paris. Solide guitariste soliste et chanteur, il se produit abondamment en 1990-1994 à la tête d'un groupe de rock où jouent des musiciens américains, les Sexy Frogs, avec qui il enregistre notamment J'aime les blondes.Il est en 1994 rédacteur en chef d'un numéro hors-série de Best consacré au reggae pour lequel il a notamment effectué un long entretien avec Lee "Scratch" Perry, puis de l'unique numéro du magazine Nova Collector en 1995, consacré à Bob Marley, réalisé avec Patrick Zerbib et Léon Mercadet, et qui deviendra quelques semaines plus tard Nova Magazine. Après avoir été également illustrateur de plusieurs disques, des mensuels Backstage, Actuel (Kronik le kritik), Best (Scud le rok kritik sourd), de Hara Kiri Hebdo (BD à suivre sur le végétarisme J'veux pas le savoir, les chroniques carnassières), L'Environnement magazine, Panda Magazine, chroniqueur quotidien à Radio Nova (Le Docteur Blum) il écrit et dirige le film Get Up Stand Up - l'histoire du reggae diffusé en 1995 sur Canal + (produit par Jean-François Bizot). Le légendaire producteur jamaïcain Clement "Coxsone" Dodd produit deux de ses chansons originales à Studio One à Kingston, Jamaïque. C'est à cette occasion que Coxsone le surnomme "Doc Reggae" en voyant son hors-série "Best of Reggae".Il conçoit et réalise avec le spécialiste américain Roger Steffens une série de dix albums de Bob Marley & the Wailers contenant une centaine de titres rares ou inédits (il en mixe huit), des photos d'époque et une importante documentation sur la période méconnue 1967-72. Ces disques sont publiés avec succès dans plusieurs pays par le label américain JAD qu'il fait revivre en le recréant à Paris (de 1997 à 2003).Doc Reggae fonde en 1997 le label jamaïcain Human Race Records et son incarnation européenne Rastafari Records qui publieront des 45 tours reggae, avec les voix de Hailé Sélassié I, Marcus Garvey, Big Youth, King Stitt, Buffalo Bill, et Doc Reggae lui-même, qui joue également de la guitare sur tous ces morceaux.The War Album est enregistré avec des membres des Wailers survivants, ainsi que Big Youth et Buffalo Bill. La version du War de Bob Marley est enregistrée autour de la voix de l'auteur des paroles lui-même, Hailé Sélassié I. Un 45 tours du duo virtuel Sélassié-Bob Marley War/Selassie Is the Chapel se classe au n 1 des ventes reggae anglaises dans le magazine Echoes en avril 1998.En Jamaïque il réalise les clips de Tenor Saw Ring the Alarm et de Buffalo Bill Perfect Woman, et plusieurs reportages pour l'émission Tracks (Arte) en 1998-1999. Il rejoint Rock & Folk en 1995-1999, période pendant laquelle il anime les pages reggae du catalogue du Club Dial, contribue à Reggae Magazine, Paris sur la Terre puis abandonne toute activité de journaliste, à l'exception de quelques rares articles dans Les Inrockuptibles, qu'il quittera en 2002. Il continue à se produire très régulièrement sur scène avec différentes formations, dont son groupe de reggae Dub De Luxe. Il travaille en 1999 avec la chanteuse Annabelle Mouloudji, avec qui il écrit et enregistre plusieurs titres, dont La Bombe glacée.

Années 2000

Pierre Astier publie son premier livre « Lou Reed, Electric Dandy », une biographie fleuve, aux éditions du Serpent à Plumes. Spécialisé dans le rock et le reggae, il publiera par la suite une quinzaine de livres, parmi lesquels plusieurs succès dont :
  • « Le Reggae »
  • « Bob Marley, le reggae et les rastas »
  • Ses carnets de voyage illustrés de ses photos et dessins, « Jamaïque, sur la piste du reggae » où il raconte ses aventures jamaïquaines.
  • Il est aussi l'un des principaux collaborateurs de Michka Assayas pour la réalisation du Dictionnaire du rock dont il est coauteur.
Tout en continuant la scène, après « The War Album » (2001) avec les Wailers sur lequel il joue de la guitare et interprète deux titres, il publie en 2001 son deuxième album « Nuage d'Éthiopie » où il est remarqué comme parolier. Sorti par son label Disques De Luxe distribué par Culture Press, l'album entièrement reggae contient le single Si je reste (adaptation reggae francophone de Should I Stay or Should I Go de The Clash) en duo avec Annabelle Mouloudji. Nuage d'Éthiopie est bien accueilli par la presse. Pour Yves Bigot, "Le reggae français a trouvé son auteur". Accompagné par les Wailers sur Avis aux amateurs, il met en musique la lettre où Arthur Rimbaud annonce à sa mère qu'il restera vivre en Afrique. À contre-courant des musiques électroniques en vogue, il est engagé dans un style influencé par les années 1970 où les paroles et les instruments électriques joués ont une place centrale. Il se réfère à Boris Vian, Alain Bashung, Linton Kwesi Johnson, Jacques Dutronc dont il enregistre une parodie en reggae (Et moi et moi etc.), et Serge Gainsbourg dont il a enregistré la composition L'Appareil à sous et bientôt une version anglaise de Lola rastaquouère.Un troisième album de compositions originales interprétées dans des styles très différents Think Différent est publié en 2002, puis l'album d'afrobeat Welikom 2 Lay-Gh-Us! est enregistré à Lagos (Nigeria) avec d'anciens musiciens de Fela Kuti (single Paris c'est pas funky) et publié chez BMG en 2003, qui rééditait également les douze albums de sa collection Bob Marley 1967-1972. Les disques JAD conclurent soudainement un accord de distribution avec Universal et BMG fut contraint de retirer de la vente toute l'opération commerciale, qui incluait aussi deux albums inédits de Peter Tosh, un de Buffalo Bill et l'album d'Amala & Blum Welikom 2 Lay-Gh-Us! qui à peine sorti est retiré de la vente lui aussi, mais par erreur (car il ne sort pas sur le label JAD), et ce en dépit d'une diffusion quotidienne dans le Pop Club de José Artur (France Inter). Il est néanmoins le premier Français à publier un disque d'afrobeat - détruit à sa sortie, qui n'a été diffusé qu'auprès d'une centaine de journalistes.En 2003 Universal publie deux double albums de Serge Gainsbourg, Aux Armes et Cætera - Dub Style et Mauvaises Nouvelles Des Étoiles - Dub Style dont il a effectué dans la tradition des années 1970, avec l'ingénieur jamaïcain Soljie Hamilton à Kingston, de nouveaux mixages, des versions dub et des versions DJ (avec notamment Lisa Dainjah, Big Youth, King Stitt, Lone Ranger). Ces albums révèlent plusieurs enregistrements inédits, dont la composition inédite Ecce homo et cætera. Il y interprète une version anglaise de Lola rastaquouère, et joue de la guitare sur une nouvelle version de Marilou Reggae qu'il réarrange entièrement, avec Horsemouth Wallace à la batterie et Flabba Holt à la basse.Après avoir participé à des soirées slam dans son quartier de Ménilmontant, il enregistre l'album du slammeur Nada Live à l'Olympic Café (2001). Il dessine la couverture, produit et joue sur le Ultrash (2003) de Nada, qui récite ses paroles sur fond de morceaux du Velvet Underground rejoués. Deux anciens de Best y collaborent : Gilles Riberolles et Patrick Eudeline, qui compose et enregistre plusieurs morceaux courts pour Ultrash.En 2006 paraît Gainsbourg et cætera, un nouveau mixage de l'album de Gainsbourg Enregistrement public au théâtre Le Palace réalisé par le Doc Reggae en collaboration avec l'ingénieur du son Thierry Bertomeu. Le double CD dévoile cinq versions inédites et un entretien avec Serge Gainsbourg.Un nouvel album Doc Reggae, partiellement enregistré en Jamaïque au cours des séances de Marilou reggae avec Horsemouth Wallace et Flabba Holt, est en préparation avec son groupe Dub De Luxe. Il continue à se produire avec Dub De Luxe et, à partir de 2006, dans un groupe américain de reprises de classiques du R&B des années 1930-60 où chante parfois également le pianiste Gilbert Shelton, dessinateur de la BD humoristique underground les Freak Brothers, dont il produit l'album.Invité en 2006 à jouer en Érythrée par l'ambassadeur de France à Asmara, c'est le premier d'une série de voyages qui mèneront à la réalisation d'un album-anthologie des meilleurs artistes du pays paru en 2010.En juin 2007, la parution de son livre Culture Cannabis vaut à Bruno Blum un débat houleux où il est opposé au professeur Jean Costentin une heure en direct sur France Inter. Il obtient en 2008 un master en musicologie à Paris et publie Le Rap est né en Jamaïque en 2009. Il dirige en outre l'anthologie Harry Belafonte, Calypso, Mento & Folk 1956-1957.Tout en continuant à se produire sur scène, il anime des soirées en tant que DJ et conférencier. Il crée en 2009 le groupe "Best, le mensuel du rock" sur Facebook, un site internet de photos d'archives qui de fil en aiguille deviendra un projet de livre-anthologie du magazine Best.

Années 2010

Au cours de l'été 2010, il expose une centaine de pochettes de disques punk souvent très rares aux Rencontres d'Arles, lors d'une exposition majeure d'Emma Lavigne consacrée aux photographes et à l'esthétique visuelle du punk rock. Il y donne une conférence sur l'esthétique musicale punk, du jazz des années 1930 au rock des années 1940-1970. La triple anthologie Roots of Punk Rock 1926-1962 parue ensuite chez Frémeaux et Associés en sera la suite logique. En septembre, Doc Reggae se produit dans la salle des Trois Baudets à Paris. Pour la première fois, il propose un événement multimédia où sont réunis dans un même espace ses tableaux, ses dessins et BD, son exposition de photos "Jamaïque, sur la piste du reggae", ses vidéos inédites et son spectacle reggae.Il produit en 2008-2009 en Érythrée l'album de The Asmara All Stars Eritrea's Got Soul (sorti en 2010), où il joue sur plusieurs titres, réunissant les meilleurs musiciens et artistes du pays issus de huit ethnies, parmi lesquels Faytinga, Sara Teklesenbet, Mahmoud Ahmed Amr, Temasgen Yared, Ibrahim Goret et Adam Faid Amr. L'album est bien accueilli par les médias : Si vous aimez le son soul-funk éthiopien du début des années 1970, vous devriez beaucoup apprécier cette version contemporaine du genre. L'Érythrée est la voisine de l'Éthiopie et bien des musiciens de ce pays ont en fait contribué à ces classiques. La principale différence avec ce projet contemporain est l'influence du reggae jamaïcain. Mais les éléments dub se glissent parfaitement dans les sinueux balancements éthiopiens - comme Dub Colossus l'a déjà prouvé chez nous. Vibrant, grisant et sensuel (The Independent, Londres). Deux concerts de lancement de l'album, dont un dans la salle d'opéra, ont lieu à Asmara en octobre 2010.En novembre 2010 paraît le tome I (1968-1979) de Best of Best, une anthologie des meilleures pages du mensuel du rock Best, dont il fut l'une des principales signatures. Il a conçu, réalisé et coordonné cet album de 320 pages en collaboration avec l'ancienne équipe, dont Sacha Reins, Patrick Eudeline et Francis Dordor, qui y rend un hommage au rédacteur en chef, feu Christian Lebrun. Il développe une collection de rééditions de musiques des Caraïbes et dirige les anthologies Jamaica, Mento 1951-1958, Bahamas, Goombay 1951-1959, Trinidad, Calypso 1939-1959, Calypso, Jamaica - Rhythm and Blues 1956-1961 et Elvis Presley face à l'histoire de la musique américaine - 1954-1956 et bien d'autres, pour lesquels il rédige d'épais livrets de référence.Il dessine en 2011 les couvertures des vingt albums des deux coffrets de dix CD Anthologie des musiques de danse du monde. Il y sélectionne également les titres du volume Calypso et en rédige le livret. Dans le cadre du Festival des Cultures Juives de Paris il donne en juin 2011 une conférence sur le thème "Bob Marley, culture Rastafari et Judaïsme" à la mairie du 4 arrondissement. En 2011 Bruno Blum traduit le livre de photographies de Kim Gottlieb-Walker Bob Marley, un portrait inédit auquel a participé le réalisateur Cameron Crowe.Une anthologie de son label de disques jamaïcain Human Race paraît fin 2011. Enregistré en Jamaïque pour l'essentiel, le double CD de roots reggae, Human Race contient le War Album avec un titre supplémentaire, les voix de Hailé Sélassié I, Marcus Garvey, Gandhi et Nelson Mandela auxquelles s'ajoutent celles de Big Youth, Spectacular, Buffalo Bill, King Stitt, Brady, Annabelle Mouloudji, Joseph Cotton, Lady Manuella, Bruno Blum et différents inédits. Rédigé par le spécialiste américain Roger Steffens, le livret de l'album est illustré par de nombreuses photos et des dessins originaux de Blum. En 2012 paraît son livre richement illustré Reggae Vinyls et en 2013 Shit ! Tout sur le cannabis ainsi que l'anthologie Roots of Punk Rock 1926-1962. Il conçoit et réalise d'autres anthologies thématiques (triples CD) dont Road Songs, Voodoo in America, Electric Guitar Story, Roots os Ska, Roots of Soul et Africa in America, ce dernier figurant dans la liste des dix meilleurs albums de jazz 2013 du Times : "Cette compilation imaginative et originale illustre l'idée selon laquelle un chez soi ancestral est devenu plus qu'un gimmick" — SUNDAY TIMES (TOP 10 JAZZ OF 2013).Blum reçoit pour Jamaica - Folk Trance Possession - Roots of Rastafari 1939-1961 le "Prix Coup de Cœur Musiques du Monde 2014" de l'Académie Charles-Cros. Publié en coédition avec le musée du Quai Branly, le coffret contient les plus anciens enregistrements jamaïcains existants, notamment des musiques revivalistes de transe et les premiers rituels rastas. Il réalise également le coffret officiel de l'exposition Great Black Music du Musée de la Musique à la Cité de la Musique de Paris en 2014.

Critiques

Reconnu pour ses livres et son travail de réédition de Bob Marley, ainsi que des albums remixés dub de Serge Gainsbourg, il s'est aussi attiré des critiques de la part de certains amateurs de reggae.En effet, si certains considèrent son travail de réédition comme très bon, ses propres productions n'ont pas toujours reçu le même accueil. Le personnage ne laisse pas indifférent et sa musique est très appréciée par une partie du public, tandis que d'autres la détestent. Bruno Blum suscite tantôt des réactions d'admiration et de respect, tantôt de mépris, voire de violence.Sur internet, un critique a ainsi émis l'avis que l'artiste cherchait à s'approprier abusivement l'image des grands qu'il réédite, suggérant que ce fut le cas lors de son concert en hommage à Serge Gainsbourg.Interrogé sur son rapport à l'œuvre de Serge Gainsbourg, il répond sur France Inter en 2003 :Serge Gainsbourg a surtout inspiré mon approche " mondialisation". Son œuvre puise dans les musiques de Cuba, le jazz, le reggae, le rock américain, les percussions africaines et afro-cubaines, le blues et que sais-je encore. Tout ça au service de son écriture francophone. C'était une vraie vision, mais pour ce qui est de l'interprétation, pour le côté parlé j'ai au moins autant été marqué par des artistes jamaïcains comme Linton Kwesi Johnson, Prince Buster ou Prince Far I, par le rap Sugarhill et des vieux trucs de talking blues ou de country.Il ajouta :Comme Gainsbourg lui-même, je m'identifie bien plus à Boris Vian. Vian était comme moi à bien des égards. Il pratiquait plusieurs arts, il a longtemps été chroniqueur de jazz, il était musicien et tant qu'il n'a pas eu de succès avec ses romans et ses chansons, il était surtout considéré comme un traducteur à deux balles ou je ne sais pas quoi. Même chose pour François Truffaut. Ses écrits ont fait de l'ombre à ses projets de films au début. C'est comme ça, pour que les gens apprécient ce que tu fais il faut avoir une Victoire de la Musique, passer en boucle sur NRJ ou je ne sais pas quoi. La passion, la qualité et l'humour ne suffisent pas toujours, les filles ! Mais n'oubliez pas le proverbe de Doc Reggae : "C'est le prix qui attire le client, mais c'est la qualité qui le retient !"Il est déterminé à composer et enregistrer des chansons en français, mais certains pointent du doigt la nature jugée dénaturée du reggae chanté par M. Blum, à l'occasion notamment de sa parodie humoristique Viens fumer un p'tit joint à la maison dont les clips pirates amateurs sont visionnés par plus de deux millions d'internautes. Un clip officiel est mis en ligne en 2011.Son surnom Doc Reggae (qui lui a été attribué par le producteur jamaïquain Clement « Coxsone » Dodd et renvoie à l'un de ses personnages de BD humoristiques, les Dread Brothers) paraît excessif à certains et lui a été reproché, d'autres personnes en France pouvant aisément prétendre à cette qualification. Bien que ses livres et disques restent la référence en France, sa véritable connaissance du reggae est parfois remise en cause. Certains le qualifie parfois d'imposteur. Le magazine Natty Dread a ainsi été à l'origine d'une controverse dont le point culminant fut la réponse apportée par Bruno Blum à leur chronique d'un de ses livres et le commentaire de la rédaction, publié dans le numéro 28.

Dernière MAJ le 30/03/2014