Biographie de Joseph Kosma

Si l'on considère que « les Feuilles Mortes » est l'une des chansons les plus connues du répertoire français, on a tout de suite une idée de l'importance de son compositeur, Joseph Kosma. Nom illustre de notre patrimoine culturel, peu de personnes savent pourtant qu'il est également à l'origine d'une multitude de pièces musicales, toutes formes confondues.
Fils d'un instituteur et petit-fils d'une élève de Franz Liszt, Joseph apprend le piano tout seul, à l'oreille. D'instinct il en arrive à reproduire les airs à la mode. À dix ans, il est déjà capable d'improviser sur des films muets. À douze ans, il écrit un opéra. Diplômé de l'Académie nationale de musique, il est nommé stagiaire à l'Opéra, où il collabore avec le chef d'orchestre Faglioni. Mais, bientôt, il préfère suivre Bertolt Brecht et son théâtre ambulant, ce qui lui permet de travailler avec Kurt Weill, le compositeur de l'Opéra de quat'sous.
Monsieur Jacques. En 1933, il s'installe à Paris, où il accompagne la chanteuse Lys Gauty avant de rencontrer le poète Jacques Prévert. Leur première œuvre commune s'appelle « la Belle Étoile » mais personne n'en veut. Finalement, c'est Jean Renoir qui en hérite pour son film le Crime de Monsieur Lange.
Dans la foulée, Kosma se voit confier la partition de la Grande Illusion. Entre 1939 et 1945, il rejoint l'équipe Prévert dans le petit village médiéval de Tourrettes-sur-Loup, où ils entrent en contact avec la Résistance. Il trouve cependant le temps de travailler sur Le Soleil a toujours raison, une opérette avec Tino Rossi en vedette. En 1943, il prépare la musique des Enfants du paradis. En 1946, son premier spectacle « l'École buissonnière » présenté à la salle Chopin est complet tous les soirs. Joseph Kosma devient alors l'une des figures de Saint-Germain-des-Prés. Outre de magnifiques chansons popularisées par Juliette Gréco (Si tu t'imagines, paroles de Raymond Queneau, ou la Fourmi, paroles de Robert Desnos), Yves Montand (Barbara), Cora Vaucaire ou les Frères Jacques, il écrit aussi des musiques de film, de théâtre, et des opéras, comme les Canuts, en 1959. À jamais associé au nom de Prévert, il a su mettre son talent de compositeur subtil et fluide au service de quelques-uns des textes les plus beaux de la chanson française.

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Dernière MAJ le 31/07/2015