Biographie de Les Ambassadeurs

La longue et tumultueuse histoire du supergroupe Les Ambassadeurs commence à Bamako, au Mali, lorsque le pouvoir jusqu'alors détenu par Modibo Keita est renversé par le coup d'état du lieutenant Moussa Traoré et de son Comité militaire de libération nationale (CMLN), le 19 novembre 1968. Le militaire, habitué du Motel de Bamako - grand lieu des nuits maliennes -, souhaite disposer d'un orchestre à demeure. Le propriétaire des lieux est alors chargé de réunir les meilleurs musiciens de deux orchestres existants, l'Orchestre de la Fraternité ivoirienne et les Éléphants Noirs, menés par le saxophoniste Moussa « Vieux » Cissokho.

Le chanteur Ousmane Dia, en provenance de l'Étoile de Dakar, est également recruté dans le groupe complété par le second chanteur Moussa Doumbia, le guitariste Issa Gnaré, le trompettiste Kabine « Tagus » Traoré, le bassiste Ichiaka Dama et le batteur Djossé. Le répertoire des Ambassadeurs s'étend des tubes du moment aux airs de calypso, de salsa, de chanson française, de soul et de rock, et des airs transmis sur partition par les visiteurs étrangers. Autant dire que Les Ambassadeurs peuvent jouer tout ce qui leur passe entre les mains, pour la satisfaction des clients fortunés de l'hôtel.

L'arrivée du guitariste Manfila Kanté et du joueur de claviers Idrissa Soumaoro, en 1972, apporte une richesse supplémentaire à l'orchestre qui débauche le chanteur du groupe concurrent, le Super Rail Band de Bamako : Salif Keita. Avec le vocaliste albinos, descendant d'une grande lignée et de ce fait interdit de s'adonner à la chanson, au grand dam de son père qui le renie, Les Ambassadeurs vont non seulement devenir le plus grand groupe que le Mali ait connu mais moderniser la musique africaine par l'apport d'influences extérieures, notamment jazz, rock et funk.

La formation qui sévit jusqu'en 1985, enregistre des titres devenus des classiques tels « Mana Mana », « Super pitié » ou « Saranfing » avec un jeune guitariste nommé Ali Farka Touré, et s'envole pour Paris pour donner des concerts. En 1975 arrivent de nouveaux musiciens, le guitariste Amadou Bagayoko, futur membre du duo Amadou & Miriam, et le multi-instrumentiste Keletegui Diabaté. Membre du Rail Band de Bamako, Cheick Tidiane Seck vient parfois jouer des claviers en douce.

En 1978, quand le régime militaire malien s'intensifie, le groupe s'établit à Abidjan, en Côte d'Ivoire, et se rebaptise Les Ambassadeurs Internationaux pour se différencier des Ambassadeurs restés à Bamako. Leurs grands succès sont l'hymne « Mandjou », la ballade « N'Toman » et « Kandja ». L'année suivante, Les Ambassadeurs enregistrent à New York avec le producteur Ray Lema. Un dernier album est enregistré en 1982 avant des prestations à Paris puis au Printemps de Bourges et dans des festivals de jazz. Certains membres, comme Salif Keita, poursuivent une carrière fructueuse sous leurs noms.

Dernière MAJ le 31/07/2015