Biographie de Elaine Kibaro

L'enfance d'Elaine Kibaro ressemble un peu à la vie au « Café des délices », la fameuse chanson de Patrick Bruel. La chanteuse naît dans le port de Tunis à La Goulette, où elle coule des jours heureux entre sa mère, ses demi-soeurs, son demi-frère et son père, un Sicilien d'origine. C'est là dans cette ville de tolérance qu'elle puise son attachement viscéral à la paix. Au début des années 1960, sa famille, inquiète comme d'autres par la guerre voisine en Algérie, quitte la Tunisie pour venir s'installer en France, à Strasbourg. Encouragée par son père qui joue du piano, la jeune fille se découvre artiste, influencée par la vague « Salut les copains ».

Après une rencontre infructueuse avec Eddie Barclay qui l'incite à se faire écrire des chansons, Elaine Kibaro continue seule son parcours, ses compositions en main. Elle attend un signe du destin. Alors qu'elle a acquis un poste important dans une société de cosmétiques, elle se fait licencier, indemnités à la clé. Le moment idéal pour se consacrer vraiment à la chanson. En 1977, « De l'autre côté du miroir », dédié à la paix, est son premier succès qu'elle enregistre en hébreu, arabe et esperanto. La chanteuse se fait remarquer par une chorégraphie qui s'inspire de la danse indienne. Elle enchaîne avec le tube « Aurore » où en compagnie d'un danseur elle propose un numéro visuel étonnant qui la fait surnommée « La chanteuse à quatre bras ».

Au début des années 1980, après un deuxième album, elle ajoute une corde à son arc, la chanson pour enfants. Elle enregistre L'Habitant du Coeur, un conte musical sur des poèmes de Marie-Odile Bodenheimer, un registre qu'elle ne quitte plus. On la retrouve dans les années 1990 sur la scène du Théâtre Déjazet avec le spectacle musical Les Contes de la licorne et avec Dans la forêt sur la scène de la Balle au Bond. En parallèle, la chanteuse continue de se partager entre albums classiques (Kiroël) et spectacles à l'Olympia ou au Casino de Paris (L'Intense). En 1993, elle s'attelle à une autre forme d'écriture dans sa première autobiographie Parole magique, suivie d'autres écrits sur le cheminement spirituel de personnages célèbres. En 2008, Elaine Kibaro se raconte à nouveau dans le cadre d'un one-woman-show.

Dans les années 2000, l'artiste ne se contente plus de chanter pour son public. Elle découvre par un ami l'association Urgence humanitaire au Vietnam qui la conduit à défendre cette cause par des spectacles dont De la paix, un concert parrainé par l'ONU à la Mutualité (2006). Le 24 septembre 2012, elle se produit au Casino de Paris pour « Ma Tunisie, peuples de la paix » dans le cadre de la Semaine mondiale pour le désarmement parrainée par l'ONU, de nouveau en soutien à l'Urgence humanitaire au Vietnam. En septembre 2012, la chanteuse revient également à ses racines avec le bien nommé Goulettoise.

Dernière MAJ le 31/07/2015