Publié le 23/09/2014

Zazie coach de « The Voice » ? En plus d'être un joli coup, c'est une vraie surprise. L'auteur-compositeur-interprète de 50 ans, artiste à la fois populaire et singulière -- auteur d'une avalanche de tubes pour elle-même (« Zen », « Rodéo », « Rue de la Paix », « Je suis un homme ». ..) comme pour Johnny Hallyday, Calogero ou Christophe Willem -- n'avait jamais caché son manque d'attrait pour les concours de chant. C'est pourtant bien elle qui rejoindra le jury de la saison 4, suite au départ de Garou officialisé lundi. Elle nous raconte en exclusivité comment l'émission de TF 1, dont le tournage démarrera en novembre, l'a réconciliée avec les télé-crochets.C'est une surprise de vous retrouver dans « The Voice », vous qui aviez beaucoup de réserves sur les télé-crochets. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?ZAZIE. J'ai toujours un petit temps de retard sur les choses ! J'avais été contactée dès la première saison, mais en plus d'être indisponible parce que j'avais une tournée de 120 dates, je n'avais pas de recul sur ces émissions. Et peur qu'elles soient néfastes pour les participants. Entre-temps, j'ai travaillé avec certains, et constaté qu'ils n'avaient pas la tête à l'envers. Voire une certaine maturité. Il n'y a pas d'école qui nous apprend à ne pas péter les plombs quand on commence à avoir du succès. « The Voice », c'est un catalyseur de tout ce que les artistes rencontrent dans leur carrière.Pourquoi « The Voice » et pas un autre télé-crochet ? J'aime cette idée d'y être coach plutôt que juge. La musique n'est pas une course de voitures avec un premier et un dernier. Voir émerger des Fréro Delavega, Al.Hy ou Luc Arbogast prouve que l'effet vitrine ne marche pas que pour le gagnant. Grâce à sa popularité, « The Voice » offre une belle occasion de se faire repérer, dans un métier où il n'en existe hélas pas beaucoup. Il y a trois ans, je n'avais pas non plus de recul sur l'émission elle-même, est-ce qu'elle allait être aussi élégante que la version américaine, donner un vrai travail aux coachs, l'opportunité de proposer des chansons qui méritent d'être découvertes ou réentendues ? J'ai envie de faire chanter du Bashung, du Neil Young, du Barbara, du Peter Gabriel. Liste non exhaustive ! Ou de pouvoir faire des suggestions vestimentaires aux candidats, si ça me prend. Je ne ferai pas « The Voice » avec distance ou méfiance. J'ai appelé mon copain Florent Pagny en Patagonie. Et je connais, via les Restos du coeur, la douceur et l'empathie de Jenifer, l'autodérision de Mika. Je sais qu'on s'entendra bien. On s'est rencontrés en mai avec la production et j'ai réfléchi tout l'été pour pouvoir faire cette émission avec mon coeur.Quelle sera votre touche personnelle ? Etre auteur-compositeur me donne une approche globale. Et peut me permettre d'aider ces chanteurs, pour la plupart très au point techniquement, sur leur interprétation, ce travail de quasi comédien qui demande de rester singulier. Je vais être très instinctive.Un bon coach est aussi un coach qui motive ses refus. C'est ce qui me plaît, rester spontanée et pouvoir donner son point de vue même si le public hue derrière. Un non à « The Voice » n'est pas la fin de tout, ça reste un jeu. Dans un métier où il faut de toute façon savoir marcher sur son ego, face à un album qui rencontre moins un public, une tentative d'humour sur scène qui tombe à plat, une interview dans laquelle on ne se reconnaît pas.Comment réagirez-vous face à l'excès de confiance de certains candidats ? Ceux qui jouent les Narcisse s'élimineront eux-mêmes, parce que ce n'est pas ce que le public aime voir. Mais les gens qui ont un talent fou ne sont pas toujours les plus sympas. Un artiste n'a pas à être aussi une personne merveilleuse humainement. Et puis, on n'est pas obligé d'épouser tous ses talents. Je leur ferai chanter une chanson qui dit « moi, je » ou « que je m'aime ». (Rires.)Quels aménagements de planning avez-vous dû faire ? Aucun. Je rentre en composition « autistique » de mon album à moi et, pour l'instant, je n'en suis qu'à deux chansons. « The Voice » me laissera du temps pour y travailler. Cette année va être schizophrénique et enrichissante, l'un va nourrir l'autre aussi, même si l'album ne sortira pas tant que je serai coach, je veux vraiment séparer ces deux casquettes.Vous ferez une seule saison ? On verra. C'est une récréation que je peux me permettre aujourd'hui. Ça faisait vingt ans qu'après chaque tournée je filais écrire de nouvelles chansons. Et puis ça dépendra aussi de l'émission, peut-être que je serai un coach pathétique qu'ils vont regretter à vie ! (Rires.)Justement, qui dit émission populaire dit exposition aux critiques. Vous attendez ça sereinement ? J'ai appris à ne pas prendre mes décisions pour répondre aux souhaits des uns ou des autres. Il n'y a rien de plus dangereux pour un artiste que de faire l'unanimité. > Restez informés ! Inscrivez-vous gratuitement aux newsletters et alertes du Parisien

(c) Source : Le Parisien