Publié le 15/09/2014

Elle n'a pas la télé. Pourtant, Camélia Jordana en vient. En 2009, le public découvre et soutient une adolescente impressionnante pour son âge dans l'émission « Nouvelle Star » sur M 6, où elle va jusqu'en demi-finale. Toute petite mais déjà grande. Aujourd'hui, la chanteuse a 22 ans et semble avoir déjà vécu mille vies. Sur le même sujet Camélia Jordana ne s'arrête jamais «Dans la peau» : le nouvel album de Camélia Jordana Télévision, cinéma, théâtre et bien sûr musique avec ce sublime deuxième album, « Dans la peau », qui sort aujourd'hui, le jour de son anniversaire, et s'annonce comme l'un des meilleurs de l'année. Sur la pochette, elle joue les Joconde, à qui on aurait ajouté du rouge à lèvres. La demoiselle est joueuse, comme le montre aussi le single qui donne son nom à l'album. « Dans la peau » est un morceau assez léger sur l'amour fou. Et le fait d'être complètement dingue de quelqu'un quand on est jeune. « C'était important d'avoir une chanson de mon âge dans ce disque. On me parle souvent de maturité, sans doute parce que, dès l'âge de 16 ans, je me suis retrouvée à travailler avec des gens de 25 à 50 ans. Mais ce titre est là aussi pour rappeler que j'ai 22 ans. » Difficile de le réaliser dans ce disque ambitieux où Camélia Jordana fait effectivement plus. Elle en a déjà fait beaucoup en cinq ans. « Au départ, je ne pensais pas que la musique pouvait devenir un métier. J'ai grandi à La Londe-les-Maures à côté de Toulon dans le Var. Et au forum des métiers, on ne nous expliquait pas comment devenir comédien ou musicien. Après Nouvelle Star et mon premier album, je me suis dit : si les rêves se réalisent aussi facilement, j'en ai un autre après la musique, c'est le cinéma. » Et l'étonnante personnalité de la jeune fille a là aussi tapé dans l'oeil de cinéastes comme Pascale Ferran, et bientôt Baya Kasmi, César du meilleur scénario pour « le Nom des gens », ou Kheiron, humoriste qui prépare son premier film. Du cinéma qui a nourri la musique. « Quand je sortais de Nouvelle Star, je me sentais illégitime malgré les années de solfège, de piano parce que je me retrouvais à travailler avec des artistes comme Babx ou Mathieu Boogaerts qui n'avaient pas la notoriété que j'avais eue en six mois à la télévision. Et, du coup, quand le cinéma est arrivé, je suis devenue plus légitime en tant que chanteuse car le septième art me voyait comme la fille de la musique. » C'est ainsi que Camélia Jordana a pris confiance pour écrire ses propres chansons. Comme « Miramar », souvenir de la plage de son enfance, « des activités voile à l'école, des premières cigarettes en cachette, des premiers amoureux. [...] C'était une façon élégante de dire au revoir à cette première partie de ma vie pendant laquelle je me suis construite ». « Dans la peau » contient d'autres chansons qui lui collent à la peau. A commencer par « Ma gueule » : « Ça parle de la sensation d'être un étranger dans son propre pays. Ça renvoit forcément à mon histoire, mes grands-parents algériens qui ont traversé la Méditerranée, mes parents qui ont souffert de racisme et moi qui me suis pris des Sale Arabe à l'école. » La chanson pourrait enfiler les clichés, elle est encore une fois toute en subtilité. Il est vraiment loin le temps de « Nouvelle Star » : « Ça reste un très beau souvenir, notamment avec l'équipe de production. C'était la première fois que je rencontrais des gens qui parlaient le même langage que moi, qui m'ont protégée et m'ont permis de faire ce que je fais aujourd'hui. »« Dans la peau », Camélia Jordana, Sony, 16,99 €. En tournée à partir du 5 décembre, le 15 décembre à Paris au Bataclan. VIDEO. Camélia Jordana ne s'arrête jamaisVIDEO. "Dans la peau": Le nouvel album de Camélia Jordana   > Restez informés ! Inscrivez-vous gratuitement aux newsletters et alertes du Parisien

(c) Source : Le Parisien