Publié le 26/11/2016

Mais où était-il passé? En un an, Vianney n'a pas chômé. Car après le succès critique et commercial d'Idées Blanches, qui l'a officieusement hissé au rang des plus grands romantiques de la chanson française, le voici de retour avec un album sobrement intitulé... Vianney.

Fini les chansons rafraîchissantes comme On est bien comme ça, Je te déteste ou Veronica. L'artiste est quelque peu rentré dans le moule de la variété française ennuyeuse. Le gendre idéal parisien signe des morceaux beaucoup plus lents et moins entraînants, se recentre sur ses textes, simples mais efficaces.

Le disque démarre tout en douceur avec Sans le dire, qui annonce un album tout en sobriété, oscillant entre poésie moderne et chanson française des plus classique. Même avec des sujets assez futiles, qui se résument bien souvent à des amourettes ou à la météo, sa voix fait toujours mouche. S'en suit Je m'en vais, probablement le meilleur morceau, qui fera sûrement office de single pour la promotion.

De la bonne variété française, sans l'originalité du premier album

Mais Vianney s'assume. Le fils à papa, conscient de lui-même et de sa condition, évoque ses problèmes existentiels et appelle à l'aide. Il affirme être une «voix décomplexée». Il ne renie pas ses valeurs ni son enfance. On le sait: Vianney a grandi dans le XVIe arrondissement de Paris, fréquenté des lycées privés catholiques, fait du scoutisme. Mais les clichés, lui n'en a cure (J'm'en fous, piste 7). Dans L'homme et l'âme, il s'essaie avec brio à la philosophie contemporaine, avant de conclure cet album sur une agréable note de piano, avec le très calme titre Le galopin.

Peut-être aurait-il dû prendre plus de temps avant de retourner en studio, pour approfondir cet album moins abouti que le premier. Certaines chansons (Sans le dire, J'm'en fous, Quand je serai père, L'homme et l'âme) donnent l'impression que le chanteur s'est bridé. En bref de la bonne variété française, qui nous laisse sur notre faim tant Vianney nous avait conquis l'année dernière avec sa fraîcheur et son audace.

(c) Source : Le Figaro