Publié le 03/07/2015

Hippie, illuminé, marginal, romantique... Depuis le début de sa carrière dans les années 1980, Francis Lalanne s'est vu attribué toutes les étiquettes possibles. Le chanteur de 56 ans, qui a récemment publié un recueil de poèmes d'amour intitulé De mémoire amoureuse aux éditions Fortuna, sera au festival Off d'Avignon du 10 au 26 juillet pour faire une lecture de son nouvel ouvrage. Adulé par certains, moqué par d'autres, aujourd'hui, le poète semble vouloir jouer cartes sur table et s'est longuement confié dans les colonnes de Gala, abordant des sujets tous plus délicats les uns que les autres: la drogue, le sexe, l'argent, la politique... Et toujours avec sa franchise légendaire.

Premier point abordé: sa célébrité et son rapport aux jeunes femmes. «À une époque, j'étais traqué par les groupies. On ne peut pas imaginer ce qu'on peut vivre quand on est un chanteur qui commence à toucher un public ado: des filles m'attendaient nues dans mon lit ou planquées dans les armoires des chambres d'hôtels», raconte Francis Lalanne, précisant qu'il a «toujours mis un point d'honneur à n'avoir aucun échange amoureux avec une admiratrice». Pourquoi? «Parce qu'utiliser l'admiration de quelqu'un pour assouvir un besoin sexuel, pour moi, aurait été indigne, une sorte d'abus de position dominante, explique-t-il. Utiliser la fascination, c'est comme une forme de viol.»

Après le sujet du sexe, vient celui de la drogue. En tant que «hippie» (dans Gala, Francis Lalanne se caractérise lui-même ainsi), le chanteur explique avoir suivi «le cursus classique, y compris dans le caractère illicite de certaines substances» qu'il a pu absorbé. Et d'ajouter: «S'il n'y avait pas eu la chanson, j'aurais sans doute pu sombrer dans la drogue. Car les paradis artificiels c'est ce que l'on recherche quand on a l'impression de vivre en enfer. [...] La musique a remplacé toutes ces substances. C'est celle qui me fait planer le plus loin possible.»

Assurant qu'il ne possède pas de domicile fixe («J'habite le vent, j'habite les rencontres, j'habite l'inconnu, la surprise, la maison que je ne connais pas encore. [...] Moi je ne sais pas la veille où je vais habiter le lendemain. Si vous me demandez, là, où je vais coucher ce soir? Je n'en sais rien.»), Francis Lalanne aborde ensuite le sujet de l'argent.

Dans un entretien accordé au magazine Snatch en 2014, le chanteur avait déjà confié ne plus avoir de compte en banque depuis 1993. Une décision qu'il justifie aujourd'hui: «Il y a deux ans, quand j'ai perdu ma mère, suite à une intervention sur le col du fémur, je me suis senti seul au monde et n'ai pas trouvé alors, dans mon entourage, le soutien que j'espérais. Au contraire. Tous les masques sont tombés et j'ai enchaîné une suite de déceptions amicales, amoureuses, professionnelles, familiales… Du coup j'ai eu envie de me défaire de tout ce qui me restait comme biens», raconte-t-il.

Avant de préciser: «Je n'ai pas d'économies, je n'ai rien mis de côté. L'argent, quand j'en ai, je l'envoie à mes enfants pour payer leurs études. Je n'ai pas d'attaches.» Francis Lalanne serait donc bien un hippie romantique et... marginal.

Francis Lalanne sera au festival Off d'Avignon du 10 au 26 juillet, à 23h30 au Théâtre des Vents, 63 rue Guillaume Puy (84000 Avignon).

(c) Source : Le Figaro