Publié le 15/01/2016

Discret et touche-à-tout, René Angélil, dans l'ombre de sa femme Céline Dion, a toujours veillé à ce que cette dernière ne s'égare jamais trop loin des sentiers de la gloire. Décédé le 14 janvier, il laisse derrière lui une «petite fille abandonnée, un oiseau blessé, un été sans fleurs, une petite fille aux grands malheurs», tel que le chante Céline Dion dans Moi quand je pleure (2012).

Tout commence dans les années 1980. Après une longue période passée aux côtés d'un groupe intitulé Les Baronets avec lequel il reprend les classiques des Beatles au Canada, René Angélil connaît une petite traversée du désert. Alors en plein doute, il reçoit une cassette qui change sa vie. Il met pourtant plusieurs jours à ouvrir le colis, jusqu'à l'appel d'un certain Michel Dion. Nous sommes en 1981.

«Si vous aviez écouté, vous m'auriez déjà appelé», prévient l'homme. René Angélil, 39 ans, s'exécute. Il découvre une voix, celle de Céline Dion, douze ans à peine. Elle chante Ce n'était qu'un rêve.

Une première place à l'Eurovision et un Oscar

Immédiatement, l'impresario est subjugué par cette jeune Québécoise qui a 27 ans de moins que lui. Il hypothèque sa maison pour produire Céline Dion. Rien n'est fait au hasard. Du relooking au choix des chansons, René Angélil rêve de faire d'elle une star. Elle chante pour le Pape Jean-Paul II en 1984, et s'inscrit à l'Eurovision en 1988 sous les couleurs de la Suisse. Compétition qu'elle survole avec le morceau Ne partez pas sans moi. Pour la première fois, les deux amants officialisent leur relation en s'embrassant devant les caméras.

Après le Canada et l'Europe, René Angélil et Céline Dion ambitionnent désormais de conquérir le marché américain puis mondial. Elle enregistre une chanson pour Disney, La Belle et la Bête, en 1991 qui lui permet de remporter un Oscar un an plus tard. S'enchaînent alors de nombreuses collaborations notamment avec Jean-Jacques Goldman et Maurane en France.

510 millions de dollars de recettes en 13 ans

On pouvait alors estimer qu'en chantant à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996 devant 3,5 milliards de téléspectateurs, l'artiste était au sommet de sa gloire mais le triomphe vient véritablement quelques mois après.

En 1997, René Angélil insiste auprès de Céline Dion pour enregistrer un morceau. Il s'agit de My Heart Will Go On, la bande originale du long-métrage de James Cameron Titanic. Le film terrasse la concurrence aux Oscars cette année-là, le succès de l'artiste, une nouvelle fois distinguée, devient international.

Depuis 1999 cependant, l'impresario est affaibli d'abord par un premier cancer puis par une rechute fatale. Entre temps, le couple a eu trois enfants. René Angélil avait préparé la relève en formant un adjoint et en imaginant un projet ambitieux, avec succès: faire de Céline Dion la star de Las Vegas au Caesar Palace et attirer le public du monde entier. Plus de 510 millions de dollars de recettes en l'espace de treize ans. Jusqu'à la fin, il ne se sera pas trompé.

(c) Source : Le Figaro