Publié le 25/05/2016

Loin des révélations fracassantes, Comme un enfant perdu, l'autobiographie de Renaud qui paraîtra jeudi, est un émouvant récit de confidences. «Avec ce texte courageux, Renaud livre pour la première fois les secrets qui ont fait de lui un homme sensible, attachant et souvent chancelant», nous a d'ailleurs», a annoncé l'éditeur XO à Metronews.

D'après les passages lus en avant-première par RTL, Le Figaro a retenu cinq de ces révélations.

● Un héritage pesant: «fils et petit-fils de collabo»

Son père était un écrivain et intellectuel de Paris ; sa mère, fille d'un mineur du Nord. «Fait de ces deux héritages, j'ai passé ma vie à aller de l'un à l'autre», confie Renaud, «tantôt passionné par les mots et recherchant le silence pour écrire, tantôt rattrapé par le goût de l'engagement, le besoin de solidarité et la colère contre tous nos égoïsmes.» Multiple, son héritage s'est surtout avéré difficile à assumer. Son grand-père maternel aurait adhéré à l'un des principaux partis fascistes des années 1940, le PPF (le Parti populaire français), alors que son propre père travaillait pour Radio Paris, la grande radio de propagande étiquetée collabo. L'artiste rejette ces accusations injustes, mais elles lui collent à la peau. «Renaud, fils et petit-fils de collabo, a-t-il souvent dans certains journaux. Je porte ces mots comme une croix sur mes frêles épaules».

● L'émotion de la composition: «Ma guitare sur un genou, mon cahier sur l'autre»

Chanteur de rue, Renaud se fait vite repérer par des artistes qui vont changer le cours de sa vie: la troupe du Café de la Gare, Patrick Dewaere, Coluche, Paul Lederman, le producteur de ce dernier… À partir de ce moment, tout s'enchaîne très vite: première, scène, premier album: Amoureux de Paname (1975), première chanson culte: l'Hexagone. Les moments les plus marquants resteront pour le chanteur ceux de la composition: «Ma guitare sur un genou, mon cahier sur l'autre, mettant en musique de la main gauche ce que j'écris de la main droite, comme si les mots me dictaient la mélodie. Et cela ne dure pas plus d'une petite heure, c'est dire si ces chansons intimes jaillissent du plus profond de moi, du cœur, ou peut-être de l'âme».

● L'angoisse du succès: «Encore une journée à vivre. Et merde!»

Le succès commence par effrayer Renaud. Le chanteur prend peur face à cette foule qui l'acclame et lui crie son amour. Une angoisse dont il n'arrive pas à se défaire le mine. Après ses deux tournées en Russie et à Cuba, il sombre carrément dans un délire paranoïaque auquel seul l'alcool parvient à l'arracher. Au cours de ces heures sombres, le chanteur tient un journal de ces journées de cauchemar dont il livre quelques passages saisissants comme: «Encore une journée à vivre. Et merde!»

● La culpabilité de la réussite: «le succès de mon fils me tue»

Cette angoisse est aggravée par un irrépressible sentiment de culpabilité. L'argent qu'il gagne, pour n'avoir fait que composer et chanter ses morceaux, lui semble indécent. Au nom de quoi mériterait-il toute cette gloire? Une cruelle découverte dans le journal intime de son père va faire empirer cette impression: «je n'en peux plus, le succès de mon fils me tue», a écrit ce dernier, humilié d'être dépassé par le triomphe de son fils.

● Les amours: Romane, Dominique, Lola, Malone…

Avec une grande pudeur, le chanteur consacre des pages émouvantes aux femmes de sa vie et à ses enfants. La toute première est l'ancienne femme de Gérard Lanvin, Dominique, qu'il épouse à la fin des années 1970 et qui est la mère de son premier enfant, Lola. Elle a vécu vingt ans avec lui, l'a connu dans ses périodes les plus sombres et continue de veiller sur lui. Une place de choix est également réservée à Romane Serda. Celle qui fut son épouse de 2005 à 2011 lui a donné Malone, son fils de 10 ans dont il s‘est tout récemment rapproché.

Après le succès phénoménal de son album Toujours debout vendu à plus de 500.000 exemplaires en six semaines, l'autobiographie de Renaud promet de faire en carton en librairie.

(c) Source : Le Figaro