Publié le 25/11/2013

Guillaume Depardieu absent, ce sont ses proches à qui il a laissé son premier album entre les mains qui se confient sur la réalisation de Post Mortem. Après Julie Depardieu qui a pris la parole pour le compte de l'AFP, révélant les dessous de la gestation du disque et les questions que cela a posé, c'est la mère du musicien-acteur, Élisabeth Depardieu, qui a pris la parole aujourd'hui, au micro d'Europe 1, à l'occasion de la publication de Post Mortem.

Interrogée sur les souffrances de son fils évoquées dans l'album, Elisabeth Depardieu déclare: «À moi, il a tout dit, je pense. Mais je pense qu'il avait besoin de témoigner, de tout ça, de son parcours. Il aimait écrire, chanter, ça faisait partie de ce qu'il avait envie de dire.»

«Il s'est toujours vu comme un musicien»

Comme sa fille Julie précédemment, elle évoque également ce besoin d'écrire qui habitait Guillaume et son désir de toujours de faire ses preuves en tant que musicien: «Il a toujours écrit. Il me reste plein d'écrits de lui, si j'y arrive un jour je les mettrais en ordre. À un moment donné, il a essayé de faire des chansons de ses écrits.»

Elle ajoute, sur cette dualité artistique de son fils, comédien qui se définissait avant tout comme un musicien: «Il s'est toujours vu comme un musicien car il a étudié le piano très tôt, il a fait l'école normale de musique. Il n'était pas du tout préparé à être acteur. Le cinéma est venu le chercher. Le goût lui en est venu et je crois que là, justement, il l'a fait pour retrouver son père, comprendre ce qui s'était passé. Je pense que ça a été un moteur de réconciliation entre eux. Et puis Gérard est quelqu'un qui ne parle pas: à travers le cinéma, c'était possible de dire des choses, je pense.»

Elisabeth Depardieu rebondit d'ailleurs sur les relations tumultueuses entre Guillaume et son père Gérard Depardieu, évoquées dans un morceau: «Ça se résume à une chanson. Qui n'a pas de rapports compliqués avec son père quand il est connu et que ce sont deux lions dans une même famille?».

Fidèle au désir de Guillaume

Elisabeth Depardieu est aussi revenue sur l'élaboration du disque, orchestrée par sa fille. Prendre une décision suite à la mort de Guillaume a été difficile. Fallait-il rendre public ce qu'il avait préparé, encore inachevé en partie et pourtant bien destiné à être publié un jour? «C'est sa volonté. Il était prêt à le faire. Il en a été arrêté juste parce qu'il est mort.» Mais «ça a été très compliqué. Nous avons été partagés entre deux devoirs. Le devoir de fidélité, de transmettre tout de suite les maquettes telles qu'elles étaient. Et puis le devoir qui était celui de sa volonté: il voulait d'autres arrangements. Julie s'en est occupée, elle a voulu être fidèle à ce qu'elle estimait être le désir profond de Guillaume.» Elle ajoute: «Il faut pas mal de courage pour s'atteler à ça. C'est violent aussi d'en parler».

Guillaume a «m[is] les voiles»

Une des chansons les plus difficile à écouter pour Elisabeth Depardieu est Je mets les voiles. En effet, comment ne pas penser alors à la disparition de l'artiste, survenue le 13 octobre 2008 des suites d'une pneumonie contractée sur un tournage en Roumanie? Entre le moment où Guillaume a écrit ce titre et celui où il est disponible, l'impossible s'est passé et la chanson s'est revêtue d'une «double signification»: «Il ne l'a pas écrite pour dire qu'il mettait vraiment les voiles, mais il les a mises, de fait», s'est émue sa mère.

(c) Source : Le Figaro