Publié le 03/04/2015

«Happy Birthday Gainsbourg!». L'invitation, lancée sur Facebook, a rassemblé une centaine de personnes hier soir, au 5 bis, rue de Verneuil, devant l'hôtel particulier de Serge Gainsbourg. Le chanteur français, décédé en 1991, aurait eu 87 ans ce 2 avril. Pour l'occasion, Thomas Voiment - «auteur, magicien professionnel et polyartiste» - et le comte de Cyriax - auteur anonyme parmi l'assemblée - ont organisé un événement pour rendre hommage à l'artiste qu'ils n'ont pas connus mais qui a «accompagné toute [leur] vie».

Vers 20h, quelques badauds se pressent déjà: une foule d'anonymes, foulards en soie autour du cou ou juchés sur talons, mèches gominées ou chapeaux sur la tête, à la fois chic et choc, Gainsbourg et Gainsbarre. Trois ou quatre agents de sécurité veillent au grain. Notamment sur deux bustes sculptés à l'effigie de l'artiste, l'un le représentant à 62 ans, l'âge auquel il nous a quittés, et l'autre l'imaginant à 87 ans, l'âge qu'il aurait aujourd'hui. Tout en jetant aussi des coups d'oeil sur une toile représentant l'artiste crucifié par des billets (une référence à son fameux billet de 500 francs brûlé en direct à la télévision en 1994?). Une oeuvre réalisée il y a trois ans par Jénia Fedotova - femme de Thomas Voiment et «russe comme Serge», se vante-t-il - à l'occasion de leur exposition Hôtel Particulier. À l'instar d'autres toiles peintes avec du vin ou du café (clin d'œil apppuyé à Couleur café), distribuées au cours de la soirée.

«Happy Birthday Ginsburg»

«Happy Birthday Ginsburg» Crédits photo :

«On est tous là parce qu'on a un point commun. Et ce point commun, c'est Serge», lance Thomas Voiment en guise d'introduction à cette «soirée de partage». À 20h30, les festivités commencent. Après avoir posé pour de multiples photos, le visage barré d'un large sourire et le pouce en l'air, Billy Obam se calme et prend place. L'interprète, qui a rencontré Serge Gainsbourg à domicile, avait chanté avec lui en duo sur You're Under Arrest, initialement enregistré à New York avec Curtis King Jr. L'heure devient solennelle. Lui et Thomas Voiment allument les bougies entourant les bustes représentant leur chanteur adoré et se préparent à entamer leur duo, comme promis dans l'invitation. Une chanson inédite adressée à l'Homme à la tête de chou, composée par Dany Brown.

Un «hymne à Gainsbourg» répété sous toutes les formes

Reste néanmoins quelques réglages à faire. Billy Obam, cheveux tressés, lunettes aviateur sur le nez, n'est pas satisfait du son. Il ne faut pas s'attendre à des miracles avec deux enceintes sur pied. Commence finalement le morceau, «Happy Birthday Ginsburg» (prononciation anglaise oblige, Billy Obam n'en démordra pas de la soirée), sur lequel Thomas Voiment pastiche avec brio le parler-chanté de Gainsbourg, la voix grave et veloutée.

Les passants reprennent les paroles, imprimées et distribuées: «We love you so/We miss you so/'Cause you're the best». Tant mieux, il faut s'échauffer les cordes vocales. Car la chanson constitue bel et bien le clou de cette soirée. En version a cappela ou filmée pour le clip en prévision, elle sera reprise au moins une dizaine de fois. Il faut dire que Billy Obam et Thomas Voiment ambitionnent d'en faire un «hymne à Gainsbourg», repris sur les radios et entonné par les fans.

Un autre moment devait lui aussi faire événement. Un lâcher de ballons argentés, gonflés à l'hélium et rassemblés en bouquet. Lâchés de la main de Nikita, la jeune fille de Thomas Voiment, ceux-ci ne s'envolent pourtant que cinq secondes. L'arbre qui surplombe l'hôtel particulier de Serge les retient prisonniers. «C'est un signe», s'écrit Thomas Voiment. De quoi? À la fin de la soirée, ils n'ont toujours pas décollé avec grâce. Gainsbourg se marre...

Lâcher de ballons... prisonniers

Lâcher de ballons... prisonniers Crédits photo :

(c) Source : Le Figaro