Publié le 16/09/2015

Chacun soutient l'accueil des réfugiés à sa manière. Francis Lalanne le fait en chanson, rien de plus normal pour le musicien. L'occasion pour lui de dévoiler un clip à ce titre baptisé Ouvrir son cœur, tiré de l'album Plus jamais ça. À peine publié, le morceau, terriblement naïf, suscite déjà les reproches.

La vidéo s'ouvre avec un dessin représentant Aylan, l'enfant syrien retrouvé mort sur une plage. Le cliché sinistre avait fait le tour du monde. Francis Lalanne le reprend, entourant le cadavre d'un coeur tracé sur le sable, surmonté d'un «Plus jamais ça!» crayonné dans le ciel. Au-delà des paroles soporifiques et misérabilistes («Ouvrir son coeur et son esprit/Ouvrir les portes du paradis...»), le clip dérange aussi par les images montées à la va-vite.

Le compositeur mélange des séquences piochées dans l'actualité à un décor de soleil couchant et de ciel orageux. Des images de synthèses amateuristes se mêlent à ce grand concert de maladresses. Sur la scène, Francis Lalanne joue des accords de piano, lunettes de soleil vissées sur le nez. Un Lalanne aveuglé par les bons sentiments, qui se prendrait presque pour Gilbert Montagné.

La discographie du compositeur est souvent fidèle à l'actualité. Il chante Dépolluer la planète pour combattre le réchauffement climatique, Des casques bleus pour le Darfour au moment de la guerre civile au Soudan. Dans le sillage de Bernard-Henri Lévy, ce citoyen du monde avait déjà chanté pour les réfugiés, leur dédiant même le titre d'un album, Sans papiers: «Je chante sur ma terre pour tous les oubliés/ Que le pouvoir enterre et refoule du pied/ Pour ceux que l'on fait taire quand ils veulent prier/ La France qu'ils vénèrent de les accepter.»

Aujourd'hui, Francis Lalanne surfe maladroitement sur la vague des engagements en faveur des migrants. Son clip affligeant ne fait ni rire ni pleurer. Une caricature qui rappelle la chanson de Laurent Gerra dans le film Envoyés très spéciaux. L'imitateur moque un chanteur populaire qui interprète une chanson pour des otages. Du Lalanne dans le texte...

(c) Source : Le Figaro