Publié le 29/01/2016

«Je suis en pleine forme, je marche droit, je ne titube plus dans la rue. Je ne bois plus, je marche et je suis un nouvel homme… Un phénix qui renaît de ses cendres» annonçait le chanteur le 8 janvier dernier. Renaud tout le monde l'attendait au coin de la rue. Les fans, les néophytes, les détracteurs... Durant des années, l'interprète de Laisse Béton a suscité des dizaines d'anecdotes, des centaines d'histoires et des milliers de rumeurs.

Alors que son nouveau titre Toujours Debout a été dévoilé avant-hier, mardi 26 janvier, celui-ci fait déjà l'objet de centaines d'attaques, dont une récurrente: Renaud aurait trafiqué sa voix. «Comme tout le monde» répond néanmoins Jean-Pierre Pasqualini, directeur du magazine Platine, interrogé par Le Figaro.

LE FIGARO - Renaud a-t-il truqué sa voix dans son nouveau titre Toujours Debout?

Jean-Pierre Pasqualini - La voix de Renaud est trafiquée. Oui et alors... Il truque, comme tout le monde truque. Vous savez, les trucages en matière d'enregistrement, ce n'est pas nouveau. Ça existait même avant les ordinateurs. Aujourd'hui, c'est facile de changer une note, même en direct.

C'est donc une pratique courante?

Tous les artistes français font appel à des corrections, notamment en live. En ce qui concerne Renaud, le showbiz a fait bien pire. Regardez Alessi Brothers et leur titre Oh Lori. Ils ne chantaient pas du tout. Ils étaient là pour l'image. Et les 2 be 3, des choristes complétaient les trous lorsqu'ils faisaient des fausses notes...

Pourquoi selon vous attaque-t-on plus Renaud sur ce «trucage» que d'autres artistes?

Ça fait «chier» des gens que Renaud revienne. Renaud, c'est un auteur. Il est apprécié pour ses textes, c'est un chanteur sociétal. Un type qui a fait des textes engagés, plein d'émotion. Vous savez, bien chanter c'est une chose, interpréter en est une autre. Renaud, n'est pas un chanteur, c'est un interprète. Les mots qu'il met dans un micro touchent les gens.

Il aurait pu chanter faux finalement...

Chez lui, le plus important c'est l'interprétation. Qu'on le truque ou pas, on le reconnaît. Même s'il n'avait pas été juste, on retient tout de même le texte et la musique. En réalité, il pourrait chanter du Stromae et ça deviendrait du Renaud. On pourrait le reconnaître entre mille. Lui, on écoute ses mots. Il fait passer le sens plus que le son. Ses mots font mouche.

Sa chanson est-elle dans la lignée des précédentes?

Il a toujours eu des textes plus ou moins engagés. Là, il règle ses comptes avec humour, il n'y a pas de verlan, pas de titi parisien. C'est assez étonnant, mais je suis agréablement surpris. Il ne s'est pas auto-caricaturé. Là, sa voix est rajeunie, elle traîne un peu moins. L'ambiance est rafraîchie. Il y a des arrangements néo-yéyé. On retrouve vraiment un son de Renaud léger, comme dans ses premières années... Il a préféré ouvrir le bal avec ce son que l'on n'attendait pas et ça parle.

Renaud, «un phénix qui renaît de ses cendres»?

Oui, on retrouve le Renaud euphorique du début des années 80, comme s'il y avait en effet une renaissance chez lui. Comme s'il faisait une sorte de bilan, il règle ses comptes. Il rebat les cartes et repart à zéro. Il revient. Il va mieux.

(c) Source : Le Figaro