Publié le 11/12/2016

C'est un Michel Polnareff «malade» qui avait annulé le concert du vendredi 2 décembre dernier à la salle Pleyel. Pris de «vertiges», l'artiste de 72 ans avait annoncé à ses fans par une vidéo sur le réseau social Facebook qu'il ne se produirait pas dans la salle parisienne. Le lendemain, samedi 3 décembre, rebelote: le chanteur, admis aux urgences à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine (92) pour une «insuffisance respiratoire», a été contraint de décommander son concert au Zénith de Nantes, dernière date de sa tournée.

Evolution de l'état de santé du chanteur

Depuis, les informations sur son état de santé n'ont cessé de varier. Le lundi 5 décembre, le chanteur est annoncé entre la vie et la mort: un état attesté par son médecin, le Dr Siou, qui a fourni un certificat médical évoquant «une embolie pulmonaire bilatérale qui engage le pronostic vital. Le 8 décembre, Michel Polnareff est, selon Fabien Lecoeuvre son attaché de presse, «en bonne voie de guérison» et l'artiste prouve d'ailleurs son mieux-être en s'amusant sur Twitter à commenter ses «histoires de Q».

Le 9 décembre, Danyellah, la compagne du chanteur, relativise la bonne nouvelle en précisant que son époux est encore «sous oxygène». Enfin, samedi 10 décembre, le compte Twitter de Michel Polnareff est alimenté par Danyellah en postant des articles promouvant la diffusion d'un reportage sur l'hospitalisation du chanteur dans le cadre de l'émission 50 minutes Inside, sur TF1.

Zones d'ombre et incohérences dans le récit: le JDD s'interroge

Surpris par la communication autour de l'état de santé de l'artiste de 72 ans, le journaliste Renaud Revel a publié ce dimanche dans Le JDD une enquête sur les événements de ces derniers jours. Selon l'hebdomadaire, le jeudi 1er décembre, veille du concert prévu à la salle Pleyel, Michel Polnareff était certes malade (une «sinusite persistante soignée aux antibiotiques» rappelle le journal) mais visiblement encore en forme. Ce soir-là, après avoir commandé «plusieurs cocktails d'affilée», l'artiste dîne avec son attaché de presse: «Le repas est si arrosé qu'en fin de soirée, l'artiste est pris de vertiges et s'effondre sur la table» selon Le JDD qui précise également que le garde du corps a dû aider le septuagénaire à atteindre sa chambre d'hôtel pour aller se coucher. Le lendemain, vendredi 2 décembre, Michel Polnareff est «en pleine forme» à son réveil vers 13h00, selon les observations du garde du corps. Pourtant, dans l'après-midi l'artiste aurait annoncé à son producteur, Gilbert Coullier qu'il ne voulait plus chanter, «lassé par sa longue tournée». S'en est suivie l'annonce sur Facebook du principal intéressé, décommandant sa présence à la salle Pleyel le soir-même.

Et pendant que les fans déploraient cette déprogrammation et s'inquiétaient de l'état de santé de leur idole, celui-ci était… au bar de son hôtel «pour commander quelques verres» pour une note de 362€. Le JDD explique que les producteurs ont d'ailleurs sollicité un huissier de justice pour attester formellement la présence de Michel Polnareff sur place. Plus tard, dans la soirée du vendredi 2 décembre, le chanteur aurait sollicité un médecin qui lui aurait fourni une ordonnance, mais sans arrêt de travail. Enfin, le samedi 3 décembre, Michel Polnareff aurait indiqué vouloir assurer son ultime date à Nantes… avant de finalement se rétracter. C'est dans la journée de ce samedi que son admission à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine a été communiquée.

Le producteur et l'attaché de presse s'opposent

Les annonces alarmantes sur l'état de santé de Michel Polnareff pourraient donc avoir «servi à légitimer l'annulation de deux concerts», selon le Journal du Dimanche, une version fermement contestée par le médecin du chanteur le Dr Philippe Siou. «Je suis droit dans mes bottes», a indiqué Philippe Siou à l'AFP. «J'ai des éléments purement factuels, j'ai des examens, des scanners où on voit des caillots de sang dans ses poumons». Et d'ajouter: «Que les gens qui disent ‘Il n'a rien' viennent le voir. Qu'un magistrat saisisse un expert judiciaire et que cet expert judiciaire vienne dans notre hôpital, on lui sortira le dossier». Interrogé enfin sur l'hypothèse d'une imprégnation alcoolique, le médecin souligne que le bilan hépatique fait à l'entrée du chanteur à l'hôpital était «strictement normal». Quant à Fabien Lecoeuvre, attaché de presse du chanteur depuis douze ans, il a commenté ce dimanche auprès de l'AFP: «Je suis surpris de ce déni. Une embolie pulmonaire ne s'invente pas».

(c) Source : Le Figaro