Publié le 03/02/2014

Source Figaroscope

Le piano-bar de ses jeunes années a laissé sa marque. Vingt-cinq ans après avoir été découverte au Printemps de Bourges, la chanteuse Juliette s'adonne à la chanson au piano avec la facétie et les envolées linguistiques qu'on lui connaît. Des airs amusés présents sur son nouvel album, même si d'autres, plus personnels, sont aussi à l'honneur. Nour, le titre du disque, s'en fait l'écho. Signifiant «lumière» en arabe, il est également le diminutif de son nom de famille: Noureddine. «Ça rejoignait un vieux regret de n'avoir utilisé que mon prénom comme nom de scène», confesse la chanteuse.

La lumière, il semble qu'elle ait été présente dans la création de cet album, encore plus rieur que les précédents. «J'avais sans doute une conscience plus grande que ce que je voulais», explique-t-elle. Le précédent, No Parano, n'était «pas achevé» à son goût. Au nôtre non plus, d'ailleurs. Et la fantaisie de ses textes se retrouve parfois dans l'orga­nisation des disques. «Cet album-là est plus cohérent que d'autres, qui peuvent être un peu plus… bordéliques!»

Ce n'est pas faute de travailler à la préparation. Loin de papillonner sur ses compositions, Juliette œuvre studieusement à l'écriture lorsqu'il le faut. «Je n'écris pas en dehors du moment où je fais un album», raconte-t-elle. Elle garde à l'esprit «un certain nombre de choses» qu'elle a «emmagasinées» au fil des jours, mais se réserve des ­moments de travail. «Je suis une assidue du ­boulot, je gratte.» Sur Nour, François Morel est venu «gratter» avec elle. Celle qui a «mis le pied à l'étrier» à l'humoriste et chanteur ne cesse de partager les projets avec lui.

Le mélange entre légèreté et gravité est une ­habitude pour Juliette. «J'ai toujours pensé qu'une très bonne chanson intime noyée au milieu de vingt-cinq autres chansons intimes passait inaperçue», ­explique-t-elle. La clé pour que ce mélange ­fonctionne particulièrement bien sur Nour ? «Peut-être que, cette fois-ci, j'ai abordé trois-quatre sujets d'une manière pas frontale, justement», analyse-t-elle. Sans rien enlever à ces «sujets graves, lourds», comme dans Une petite robe noire. «Je ne sais pas… Peut-être est-ce le hasard qui fait que, cette fois-ci, ça fonctionne particulièrement bien.»

François Morel, complice éternel

Voilà plusieurs années que l'humoriste cultive une amitié prolifique avec la chanteuse Juliette. Il est apparu sur plusieurs de ses albums, notamment le dernier. Elle a mis en scène son spectacle Le soir, des lions, présenté en 2010. Tous deux partagent le même goût pour les belles chansons et un œil amusé sur le monde qui nous entoure. Nul doute que ces deux-là collaboreront à nouveau dans le futur. En attendant de remonter sur scène, Morel continue d'être un chroniqueur radio inspiré (France Inter, chaque vendredi à 8 h 55).

Juliette au Casino de Paris, 16, rue de Clichy (IXe). Tél.: 08 926 98 926. Dates: les 11 et 12 février à 19 h. Places: de 30 à 60 €.

(c) Source : Le Figaro