Publié le 24/06/2016

LE FIGARO. - Vous avez été empêchée par la maladie pendant de longs mois? Vous teniez-vous informée de l'état du monde?

Françoise HARDY. - J'ai eu une année où je n'existais plus, j'ai été coupée d'un tas d'informations pendant longtemps. J'étais tellement au centième dessous que je ne pouvais pas lire. Je n'avais pas de force. Les journées étaient longues, alors j'allumais la télévision. Dans un premier temps, je ne regardais qu'Arte, la chaîne parlementaire et la cinq. J'y voyais des documentaires formidables. Quand je me suis sentie mieux, j'ai zappé davantage.

La chanteuse Maissiat est aujourd'hui considérée comme votre héritière. Qu'en pensez-vous?

Elle a un talent fou. Mais, pour moi, elle est plus dans la continuité de Barbara que dans la mienne: son allure, le fait qu'elle compose au piano… Elle a des textes extrêmement élaborés et des mélodies fortes. Moi, quand il y a de bons textes mais pas de mélodies formidables, ça ne m'intéresse pas. Elle a fait des chansons qui m'ont marqué, comme Le Départ et Paradis. La manière dont elle traite de l'homosexualité féminine est à tomber à la renverse de beauté et de poésie.

Si elle vous envoyait des compositions, serait-elle susceptible de vous décider à revenir à la chanson?

Je n'ai pas envie d'écrire, je crois que j'ai écrit tous les textes que je pouvais écrire. Je tourne toujours autour du même pot, vous savez. Je l'ai exploré à 100 %. Je suis en train d'écrire un livre sur ce qui m'est arrivé l'an passé. Je ne sais pas si je vais arriver à le finir, mais je ne peux pas rester sans rien faire. Il y en a une autre pour laquelle j'ai beaucoup d'admiration, c'est la Grande Sophie. Elle m'a envoyé son album alors que je n'étais pas encore bien. Je le découvre seulement maintenant. Hanoï, Ma colère et Je n'ai rien vu venir sont de grandes chansons. Elle est une productrice hors pair. En plus, c'est une personne très touchante, qui n'a pas une once de malveillance en elle.

Votre retour ferait plaisir à énormément de gens!

Les fans sont bizarres. Ils n'ont pas beaucoup de discernement. Moi, plus j'aime quelqu'un, plus je suis critique. D'autres sont prêts à trouver formidables des chansons que je n'ai pas voulu sortir tellement elles étaient mauvaises.

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(c) Source : Le Figaro