Publié le 25/06/2015

L'émotion est palpable dans chacun de ces propos. Françoise Hardy est revenue de loin et elle en est bien consciente. Interviewée par Marc-Olivier Fogiel pour RTL sur son lit d'hôpital, la chanteuse, encore affaiblie, raconte son long combat contre le cancer mais aussi ses plusieurs jours passés dans le coma après avoir glissé sous la douche.

«Quand je me suis réveillée de trois semaines d'inconscience avec huit jours de coma, je me disais: “J'ai fait vivre des choses épouvantables à mon fils”. Il y a eu un moment où les médecins ont informé Thomas que c'était la fin et qu'il fallait qu'il prévienne tout de suite son père. Je me suis dit que ça a dû être quelque chose d'horrible pour lui», explique-t-elle.

Le cancer lui a été diagnostiqué en 2004. «Quand ma maladie a été diagnostiquée, on m'a fait une chimio que j'ai très bien supportée. J'ai pu vivre à peu près normalement pendant quelques années. Mais petit à petit, mon état s'est dégradé. Je priais en mon fort intérieur, je me disais que si ma vie devait être ça désormais, faites, je ne sais pas à qui je m'adresse. Pas à Dieu parce qu'il doit avoir d'autres soucis mais à ses entités invisibles qui peuvent nous aider si nous nous adressons à elles (...) Je leur demandais de faire en sorte que je meure dans mon sommeil. C'est ce qui a failli arriver», confie la chanteuse.

«Je trouve qu'il y aurait eu une cohérence à ce que je meure à ce moment-là. Oui, parce que d'abord, j'ai l'impression d'avoir professionnellement fait tout ce que je pouvais faire puis aussi, je ne suis pas dans un état physique qui me permet de faire quelque chose qui demande beaucoup, beaucoup d'énergie», témoigne-t-elle.

«Une partie des médecins pensait que j'étais fichue et qu'il fallait me laisser partir en paix. L'autre partie disait oui mais si on réussit à la tirer d'affaire on pourra tenter sur elle une chimio qui ne lui a pas été administrée et qui, si elle fonctionne, fera qu'elle se portera mieux qu'avant son accident. J'en suis là. Beaucoup de mes proches pensent que je suis négative et pessimiste, c'est vrai que je suis un peu comme ça, mais j'appelle ça du réalisme. Au point où j'en suis, je sais qu'il y a une chance pour que la chimio fonctionne mais il y aussi une chance équivalente pour qu'elle ne fonctionne pas», conclu Françoise Hardy.

La chanteuse vient de publier Avis non autorisés. Tiré à l'origine à 32.000 exemplaires par les éditions Les Equateurs, l'ouvrage est un succès et a été réimprimé trois fois depuis sa sortie le 5 mars 2015. Il dépasse désormais les 62.000 exemplaires.

(c) Source : Le Figaro