Publié le 22/07/2015

L'idole des sixties se bat toujours contre le cancer. Interviewée par l'Agence France-Presse, Françoise Hardy assure qu'elle va mieux. Fin juin, lors d'un entretien avec Marc-Olivier Fogiel sur RTL, la chanteuse, sortie de trois semaines d'inconscience, avouait qu'elle avait cru que c'était la fin.

Celle qui reconnaît avoir tiré un trait sur la chanson fait aujourd'hui le bilan de sa carrière. «J'ai l'impression d'avoir donné ce que je pouvais donner de mieux» en cinquante ans de métier, confesse-t-elle. «C'est curieux car j'ai toujours vécu en sachant de quoi j'avais envie et là, pour la première fois, je ne vois pas ce que je pourrais faire», confie l'interprète de Message personnel qui a reçu l'agence il y a quelques jours dans la chambre d'une clinique francilienne où elle récupérait de nouvelles séances de chimiothérapie.

«S'il y a une raison pour laquelle je ne suis pas partie comme tout le monde le pensait, peut-être cette raison va-t-elle s'imposer d'ici quelques temps?», s'interrogeait Françoise Hardy, voix ferme malgré la fatigue. Elle a pu rentrer chez elle le week-end dernier après deux mois passés dans cette clinique et un printemps qu'elle qualifie de «cauchemar».

La chanteuse de 71 ans, se bat depuis 2004 contre un lymphome, un cancer du système lymphatique. En mars, elle a brutalement interrompu la promotion de son dernier livre après une chute qui lui a causé de multiples fractures, notamment au fémur, au coude et à l'épaule. Hospitalisée, elle est restée inconsciente pendant près de trois semaines. Ce qui a fait craindre le pire à ses proches: «Une partie des médecins pensaient que je n'avais aucune chance, ils ont appelé Thomas [Dutronc, son fils] pour lui dire que c'était la fin et qu'il prévienne tout de suite son père [le chanteur Jacques Dutronc]».

«Aujourd'hui ça va mieux», souligne-t-elle, précisant que son traitement va se poursuivre jusqu'à la fin de l'été. «Moi qui suis contre les médicaments, j'ai pris plus de médicaments en quatre mois que tout le reste de ma vie...», souffle, un brin fataliste. Cette adepte de la phytothérapie détaille d'ailleurs dans son livre Avis non autorisés certaines expériences de médecine alternative pas toujours reluisantes.

Quant à la musique, elle assure n'avoir «plus envie»: «J'ai l'impression d'avoir donné ce que je pouvais donner de mieux. Faire des textes de chansons, c'est comme si on avait un petit filon en soi, et j'ai toujours su qu'un jour ce filon serait épuisé.» «Une autre raison, c'est qu'à partir du moment où je ne fais pas de scène [elle a abandonné les concerts en 1968], on ne peut savoir ce que je fais que s'il y a une programmation radio et télé. Or, il y a de moins en moins d'émissions où je suis susceptible de passer. C'est complètement démotivant de faire un album quand on sait que personne ne va l'entendre», regrette celle qui a publié 27 albums en 50 ans de carrière, de Tous les garçons et les filles (1962) à L'amour fou (2012).

Sa dernière expérience de studio pourrait donc être cette reprise de Seras-tu là? de Michel Berger, enregistrée en duo avec Julien Clerc pour l'album caritatif contre le sida Kiss & Love paru l'an dernier. Moyennement séduite par les arrangements finalement retenus, elle précise avoir conservé dans un tiroir la version enregistrée avec sa seule voix pour une éventuelle publication future.

73.000 exemplaires écoulés de son livre

Écrire ne serait-ce qu'une chanson pour le prochain album de Jacques Dutronc? Pas question, «je n'ai pas son esprit...», dit-elle. «Il y a plein de textes de Thomas qui lui conviendraient. Chez le père et le fils, il y a la même forme d'esprit, mais pas chez moi. Moi, la seule chose qui m'intéresse, ce sont les belles chansons d'amour», évacue la chanteuse, qui a apprécié ces derniers temps les albums de son fils - «J'adore sa reprise d'Aragon» -, de Calogero - «un très grand mélodiste» - ou même de Louane - «elle est fraîche» - mais se méfie des «chanteurs intellos».

Françoise Hardy préfère aujourd'hui raconter ses coups de coeur littéraires, débattre des chances d'un Juppé ou d'un Fillon pour 2017, parler spiritualité ou défendre l'euthanasie: autant de sujets qu'elle aborde dans son livre Avis non autorisés, publié aux Éditions des Équateurs, succès du printemps en librairie avec 73.000 exemplaires écoulés. Ce livre représente pour elle une réponse à l'«intelligentsia qui pense parfois détenir la vérité».

(c) Source : Le Figaro