Publié le 17/07/2015

Si dehors, sur le parvis de l'Hôtel de ville, l'accès au Fnac Live est libre et gratuit, les entrées au concert donné dans le salon d'apparat de la mairie sont réservées à quelques happy few, journalistes ou personnalités de la musique et de la politique. L'an dernier, ils avaient applaudi Christophe. Cette année, le public, un peu hébété par la chaleur et les bulles du champagne, est venu pour Benjamin Biolay. Dans les premiers rangs, entre autres visages connus, Christophe Barbier coudoie la maîtresse des lieux, Anne Hidalgo.

Le crooner fait son entrée sous les dorures du salon d'apparat avec En avril à Paris, extrait de son disque en hommage à Charles Trenet. La beauté du lieu, pensé comme une réplique «républicaine» de la galerie des Glaces, l'emporte sur son principal défaut, une acoustique de cathédrale due aux dix mètres de hauteur sous plafond. «Dans un endroit aussi somptueux, ça va être difficile de se concentrer sur la musique», lance d'ailleurs le chanteur avant d'entamer Revoir Paris. Pourtant, la magie prend. La voix est puissante, chaude, en place ; la mise en scène sobre comme son costume noir.

La set-list, proche de celle de ses deux concerts aux Folies-Bergères, alterne entre le répertoire de Trenet et celui de l'auteur de La Superbe, comme entre la lumière et l'obscurité. Le Temps des cerises, puis Novembre toute l'année. Coin de rue, puis Négatif: Biolay est, tour à tour, fou chantant et poète maudit.

Si Chiara Mastroianni n'a, cette fois, pas fait le déplacement, le crooner n'est pas seul en scène, loin s'en faut. À ses côtés, un orchestre de cinq cordes, mené par Anne Gravoin, violoniste et épouse du Premier ministre. Laquelle esquisse un sourire quand le chanteur plaisante: «La prochaine fois que je monterai sur scène, on aura un nouveau président». Car Biolay, tout juste rendu à son public après deux ans d'absence, s'apprête déjà à retourner en studio, pour composer ce qui sera son neuvième album.

(c) Source : Le Figaro