Publié le 04/03/2014

Qu'il est loin le temps où Claude Nougaro nous racontait des histoires en chanson. Cela fait maintenant dix ans que l'artiste nous a quittés. Le 4 mars 2004, l'interprète de Toulouse, sa ville natale, disparaissait à 74 ans, après plus de cinquante ans de carrière. Tu verras, Le Jazz et la Java, Armstrong, Dansez sur moi... Tout au long de sa carrière, Claude Nougaro a réussi à manier à merveille le rythme si particulier de la langue française à celui du jazz. Thelonious Monk, Wayne Shorter, Louis Armstrong... Il s'est servi du répertoire des plus grands jazzmen pour mettre en musique certains de ses «poèmes musicaux».

Plus qu'un poète, Claude Nougaro était un conteur et maniait l'art du scénario à merveille. Preuve à l'appui avec Le Cinéma, Une petite fille en pleurs ou encore À bout de souffle, une course poursuite rendue plus vraie que nature par l'interprétation très convaincante du texte, mais aussi par l'accompagnement musical, une reprise de Blue Rondo à la Turk de Dave Brubeck. Un thème jazzy qu'on substituerait bien à la bande originale d'un vieux film de gangster.

Tous ces morceaux alternent entre plusieurs changements de tempo. Un procédé spécifique à la musique de Claude Nougaro, qu'il était le seul à utiliser à l'époque, selon les dires de son batteur André Ceccarelli. Rythme, langue française mais aussi émotion... Le Toulousain a offert à la chanson française, des textes troublants de sincérité comme Bidonville ou encore Cécile, ma fille, chanson dédiée à sa fille (qu'il avait eu sa femme Sylvie) née en 1962.

Le «torrent de cailloux qui roule dans son accent» et le grain de voix reconnaissable parmi tous ont fait de la voix de Nougaro, un instrument inimitable et attachant. Les textes de cet auteur-compositeur-interprète font indéniablement partie du patrimoine de la chanson française.

Un portrait monumental de l'artiste a d'ailleurs été installé, ce mardi, sur une façade du ministère de la Culture à Paris à l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition. «En noir et blanc, le visage lumineux du Nougaro de la fin des années soixante-dix vous murmurera que le poète est le fou le plus proche de la réalité», a indiqué le ministère, précisant qu'Aurélie Filippetti a ainsi voulu rendre un «hommage particulier à cet inlassable ambassadeur de la langue française».

(c) Source : Le Figaro