Publié le 13/10/2016

À l'aube d'une nouvelle tournée internationale, Charles Aznavour, s'est confié sur le plateau de la matinale d'Europe 1, ce 13 octobre. Interrogé sur «ce qui se passe en ce moment», l'interprète de Comme ils disent, habitué à prendre position dans le débat public, a admis ne pas être «tellement heureux.» «On est devenu très égoïste, et quand je dis on, je fais partie de ces gens-là», précise le chanteur avant de déplorer que «l'égoïsme est devenu une vertu» dans notre société.

Fils d'immigrés d'origine arménienne, Charles Aznavour avait déjà exprimé son sentiment sur la crise migratoire à l'AFP le 30 août dernier: «Ça me fait beaucoup de peine, beaucoup de mal, de voir ces gens qui défilent avec leurs enfants, perdus.»

C'est donc sans cacher sa stupeur face à la polémique de l'affichage anti-migrants née à Béziers, que le chanteur a déclaré: «Ça me choque». Avant de poursuivre au micro du journaliste: «C'est vrai qu'on se demande qui va venir. On se demande si ce n'est pas les islamistes qui vont rentrer sous le prétexte de! Ils peuvent être méfiants. On peut avoir peur mais on ne peut pas non plus les pousser tous dehors.»

Des artistes engagés

Son intervention fait écho à la récente prise de parole d'Omar Sy sur le plateau de C à vous, mardi 11 octobre. L'acteur préféré des Français y parle de «vomi vendu par milliers» et reproche aux médias de ne donner la parole qu'aux «guignols». Questionné à ce sujet, Charles Aznavour assure que «ça a toujours existé».

En pleine période électorale française, l'artiste déclare écouter «ceux qui ont quelque chose à dire et qui le disent bien». Il estime «qu'il y en a pas mal» parmi ceux qui veulent être sur «le fauteuil suprême». Mais on n'en saura pas plus car le chanteur ne révèle pas de nom avant les élections: «J'ai toujours dit pour qui j'avais voté, une fois qu'il est sur le fauteuil.»

Alors que l'actualité américaine est rythmée par les débats entre les candidats à l'élection présidentielle et les sorties médiatiques, Charles Aznavour avoue sa préférence pour Hillary Clinton. «Ce n'est pas politique, c'est humain», concède-t-il. «Je suis pour Hillary parce que je la connais, on s'embrasse quand on se rencontre.»

(c) Source : Le Figaro