Publié le 23/11/2013

«Elle est nerveuse, je ne te dis pas», glisse un membre du staff de Carla Bruni. L'ex-première dame est de retour sur une scène parisienne après de longues années d'absence. De quoi se mettre la pression. Sa famille, ses amis sont venus applaudir celle qui, après avoir rodé son tour de chant (à Courbevoie ou à Longjumeau), assurait la première de ses trois dates au Casino de Paris.

Sans surprise, le concert, six jours après ceux de Vanessa Paradis sur cette même scène, est un véritable défilé people. Roman Polanski et Emmanuelle Seigner arrivent sans éveiller l'attention. «Non mais tu te rends compte, personne ne les remarque», s'étonne une spectatrice. Jean-Paul Gaultier et Inès de la Fressange prennent place en loges. Alain Souchon n'est pas loin. La réalisatrice Danièle Thompson a répondu présente. Tout comme l'ancien compagnon de Carla Bruni, Raphaël Enthoven. Dans la file pour accéder à l'orchestre, il informe sa nouvelle conquête de ses occupations de la journée. «J'ai fait le ménage. Je n'ai pas répondu à des mails, ce qui est une activité en soi...», lui confie-t-il, philosophe.

À l'intérieur, le gotha se retrouve. On se serre la main. On s'envoie des baisers à travers la salle. Le public joue à «Où est Sarkozy?» Viendra, viendra pas l'époux de Carla? «S'il est là, il sera très discret. On ne le verra même pas arriver», commentent deux dames d'un âge certain. Le brouhaha s'arrête lorsque la salle est plongée dans la pénombre. Les spectateurs restent dans le noir pendant plusieurs minutes. Un stratagème pour permettre à l'ancien président de s'installer incognito? La mince silhouette de Carla Bruni se dessine alors derrière un paravent. Elle attaque fort avec L'Amoureuse. Dans un murmure, la chanteuse remercie son public d'être la. Sa voix se brise sur les derniers mots. Le trac peut-être. Elle boit une gorgée. «C'est du gin», s'amuse-t-elle. Et enchaîne avec justesse et émotion les tubes de son nouvel album, Little French Songs . Chez Keith et Anita, Pas une dame, Dolce Francia (très belle reprise en italien du standard de Charles Trenet). Chaque chanson déclenche une salve d'applaudissements, ponctuée de vibrants «bravo».

La chanteuse n'oublie pas ses titres qui ont fait quelque peu parler d'eux: Mon Raymond, Tu es ma came, extrait de son disque de 2008. «Je me suis fait engueuler quand j'ai écrit cette chanson, se souvient-elle. On me disait, tu ne vas quand même pas écrire une chanson sur la drogue...» Et de préciser qu'elle parle de son addiction amoureuse. Le «Pingouin» est annoncé, sous les rires. «Que les choses soient claires, je n'ai rien contre les pingouins, l'animal», plaisante Carla Bruni qui avait déjà testé cette blague dans ses précédents concerts. À la fin de son récital, elle reçoit une standing ovation méritée. Quelques roses blanches atterrissent sur scène. Les commentaires élogieux fusent: «Magnifique, quelle grâce», «tout était parfait: la voix, le son»... Carla Bruni quitte les lumières du Casino de Paris. Un attroupement se forme bientôt au fond de la salle. Un autre spectacle débute. Comme souvent, Nicolas Sarkozy est là. Il vient soutenir son épouse. Le public l'acclame longuement. «Nicolas, reviens, Nicolas, reviens!», lui crient les spectateurs en cœur. L'ancien chef de l'État, heureux de ce bain de foule, s'attarde, salue, serre des mains. C'est sa came... Avant de s'éclipser en coulisses rejoindre la vedette de la soirée.

(c) Source : Le Figaro