Publié le 30/06/2015

«C'était un beau soir d'été», a-t-il lancé avant de quitter la scène des Folies Bergère. Lundi soir, Benjamin Biolay a présenté aux centaines de personnes réunies sous les dorures du théâtre parisien son album hommage à Charles Trenet. Mais pas seulement: le chanteur en a profité pour réinterpréter plusieurs chansons extraites de ses premiers albums, des titres rarement présentés sur scène, ici revus pour un orchestre à quinze cordes.

A 20h30 précises, Benjamin Biolay fait son entrée sur un titre du Fou chantant, En avril à Paris, brise légère en cette journée caniculaire. La voix est puissante, chaude, en place ; la mise en scène sobre comme son costume noir. Une lumière tour à tour bleue, rouge ou blafarde balaie les archets de l'orchestre. Aux sanglots longs des violons de Verlaine succède Revoir Paris, titre chargé de sens pour le chanteur qui retrouve ce soir-là les planches de la capitale après deux ans d'absence. Avec un bonheur non dissimulé: toute la soirée, Benjamin Biolay remerciera le public d'être là, d'être toujours là.

A l'issue des classiques Le temps des cerises et L'âme des poètes, le chanteur, plus crooner que jamais, s'installe derrière son piano où l'attendent cigarettes et verre de vin. Il prend la parole pour la première fois: «Je suis désolé pour les fans hardcore (sic) de Trenet mais je ne connais qu'un répertoire à part le sien: le mien». Excuses toutes acceptées par l'audience qui salue d'une salve d'applaudissements le début de Novembre toute l'année, premier titre du premier album de Biolay, Rose Kennedy. Le ciel jusqu'ici radieux s'obscurcit jusqu'à devenir «blanc / blanc cassé».

Sur les premières notes de La ballade du mois de juin, une silhouette discrète, tout en noir elle-aussi, se faufile à côté du chanteur. C'est celle de Chiara Mastroianni. L'émotion est vive pour qui connaît le parcours commun des deux artistes, qui furent mariés six ans. Une union immortalisée sur un disque à deux voix, Home. Avant Que reste t-il de nos amours, Benjamin Biolay annonce «sa chanson préférée de Trenet». N'a-t-il pas déjà dit la même chose pour Coin de rue? Qu'importe tant l'admiration du chanteur pour son aïeul sonne sincère.

Tout au long des deux heures de concert, l'ambiance oscillera entre Trénet et Biolay comme entre le clair et l'obscur, de la légéreté poétique du Grand café au pessimisme absolu de Négatif. Jusqu'à la dernière chanson, où, finalement, la lumière l'emporte. Après deux rappels, Benjamin Biolay quitte la scène sur un titre à lui, Les cerfs volants, hymne à la vie et à l'amour.

(c) Source : Le Figaro