Publié le 15/12/2016

Sous la houlette élégante et sensible de Dominique Blanc-Francard, que Michel Delpech souhaitait voir produire cet album posthume, « J'étais un ange » réunit plusieurs facettes de la variété française de ces trente dernières années : Chamfort, Lavoine, Voulzy -- le seul à avoir participé à l'album de duos qui avait relancé sa carrière en 2006 --, Calogero, Bruel, Obispo, les Innocents... Et la nouvelle génération, Louane, Vianney, Lilian Renaud, Amir, Slimane, qui s'en tire pas mal, voire très bien.   Didier Barbelivien, qui fut son ami pendant quarante ans, reprend avec délicatesse « les Aveux ». « Une chanson charnière pour Michel, où il annonce en douce en 1973 son changement de style, explique Barbelivien. Quand il chante Je ne parle pas aux oiseaux, Michel taquine Lenorman et sa chanson Il parle aux oiseaux. Un an plus tard, il aura coupé ses cheveux longs et sa moustache. » Alex Beaupain, lui, joue la fantaisie avec Fanny Ardant sur « Inventaire 66 », qui figure dans l'adaptation théâtrale de « Croque-monsieur » jouée par la comédienne.     Barbelivien et Beaupain ne se connaissaient pas, mais à notre invitation, ils ont tout de suite brisé la glace pour évoquer leur Delpech. « La plus grande voix de la variété française », clament-ils. « Même Johnny l'avait dit, assure Barbelivien. Michel savait tout chanter et il n'y avait besoin d'aucun effet sur sa voix tant elle était puissante. Il ne jouait d'aucun instrument, il avait tout dans la tête et un instinct incroyable pour les tubes. Le dernier que je lui ai fait écouter, c'était Un jour au mauvais endroit de Calogero. Et il a senti tout de suite que ça marcherait. »   « Ce qui restera aussi de Delpech, c'est son écriture, s'enthousiasme Alex Beaupain. Inventaire 66, c'est du Jacques Dutronc avant l'heure. Et pourtant, qu'est-ce qu'il était anxieux. Moi, je l'ai rencontré sur le tard, en 2011, pour le film les Bien-aimés, de Christophe Honoré, dans lequel il jouait et dont j'avais fait la musique. C'était au Festival de Cannes et il avait été extrêmement bienveillant avec moi. Par la suite, on a chanté ensemble plusieurs fois. C'était génial, et pourtant, c'est fou ce qu'il doutait. Il y avait un spleen en lui, mais jamais d'aigreur ni de jalousie. »   « Il y avait deux Michel, embraye, ému, Barbelivien. D'un côté, le mec hypergentil, tellement doux qu'on pouvait le taxer de lymphatique. C'était une aberration de se disputer avec lui, ça ne m'est arrivé qu'une fois... En studio, je n'avais pas voulu refaire sa voix sur Pleurer le chanteur et il m'a fait la tête trois semaines ! Et de l'autre, il y avait le Michel orgueilleux, autoritaire, presque violent quand il montait sur scène. Il l'a montré dans son combat héroïque avec la maladie. Il avait une force terrible. »   EN SAVOIR PLUS Sortie de « Michel Delpech. J'étais un ange » : « C'est l'hommage dont Michel rêvait » ****  

(c) Source : Le Parisien