Publié le 04/05/2015

À bientôt 91 ans, qu'il aura le 22 mai, Charles Aznavour sort aujourd'hui un nouvel album, son 51e, baptisé Encores.

Dans quelques jours, le 22 mai exactement, l'interprète de La Bohème fêtera ses 91 printemps. Le temps sur lui n'a pas de prise. Il y a dix jours il accompagnait le président Hollande à Erevan pour les commémorations du centenaire du génocide arménien. Dimanche dernier, il était l'invité vedette de Michel Drucker dans son émission dominicale.

Aujourd'hui il démarre sur les chapeaux de roues la campagne de promotion de son nouveau disque. Dans l'interview qu'il a accordée à notre confrère le nouvel obs, le patriarche affiche une ambition et une pugnacité digne d'un bretteur gascon. Les corbeaux anonymes d'Internet, ceux qui n'hésitent pas à l'insulter confortablement assis derrière leur écran en le traitant d'exilé fiscal il n'hésitent pas à les défier:

«J'ai répété mille fois que je n'étais pas parti, on m'a poussé dehors. Tout cela pour une affaire qui s'est soldée par un non-lieu. On aurait dû me blanchir, on ne l'a pas fait, me montrant du doigt au contraire, à tel point que certains ne voulaient plus m'engager. J'ai construit une carrière à l'étranger, ce n'était pas facile croyez-moi. Moi, un évadé fiscal? Qu'ils viennent me le dire en face! Je ne dis jamais de mal des autres, moi! Heureusement que j'ai le public de mon côté et une sacrée carapace. Mes détracteurs mourront avant moi» déclare-t-il non sans humour.

Concernant les attentats de janvier, l'interprète de La Bohème confesse: «Comme tout le monde, j'ai été catastrophé. Si je n'ai pas dit publiquement “Je suis Charlie”, c'est que j'ai toujours peur de passer pour un opportuniste. On ne m'a pas entendu, ce qui ne m'a pas empêché de très mal le vivre. Parfois, il me prend l'envie d'aller me réfugier dans une île déserte, mais quand on est comme moi un fils de résistants, on ne peut pas. On reste!»

«Édith a épuisé tout le monde sauf moi car je n'ai jamais été son amant»

Pour la première fois, Aznavour a écrit une chanson sur Édith Piaf, De la môme à Edith. Lui qui a vécu chez elle pendant huit ans avoue: «Édith a épuisé tout le monde sauf moi car je n'ai jamais été son amant. Elle n'avait pas la main sur moi. J'habitais chez elle, mais je vivais ma vie. Je ne vivais qu'à son rythme artistique. Nous avions, il me semble, neuf ans de différence. Dans mes amitiés très fortes, il y a eu aussi Maurice Chevalier et Charles Trenet. J'ai profité grandement de mes conversations avec ces trois monstres de notre métier.»

La semaine dernière, le chanteur déclarait sur RTL à propos de la désertification rurale, qu'il souhaitait recréer des villages français grâce à l'immigration. En septembre, il se produira six soirs sur la scène du Palais des Sports, seule salle parisienne dans laquelle il n'a pas encore chanté.

Mais si Aznavour est Aznavour c'est que depuis presque 70 ans, ses chansons sont For me, formidable. Alors écoutons l'une des créations de son album Encores, avec Un Brin de nostalgie, sa nouvelle Bohême.

(c) Source : Le Figaro