Publié le 16/01/2015

Assemblage ponctuel de chanteuses (Jeanne Cherhal, Camille, Emily Loizeau et La Grande Sophie), Les Françoises ont interprété une version adaptée de leur hymne, Je suis Françoise, sur l'antenne d'Inter le jeudi 8 janvier.

Sur la plate-forme YouTube, un nouveau venu, JB Bullet, a enregistré plus de 2 millions de vues avec Si tu t'demandes où est Charlie, chanté sur l'air d'Hexagone, composition de Renaud de 1975. Cet ancien notaire était présent sur le plateau de Radio France pour l'interpréter, dimanche 11 janvier. Au même programme, Grand Corps Malade récitait un texte intitulé Je suis Charlie sur une musique de John Mamann. Proche de Tignous, le groupe Tryo a lui aussi pris la plume pour rendre hommage aux victimes des attentats avec un titre inédit. Tout comme Oxmo Puccino, qui a interprété un nouveau morceau sobre et touchant avec le guitariste Waxx sur l'antenne de Canal +. Même Francis Lalanne s'y est mis, avec une chanson qui, pour l'heure, suscite la moquerie d'internautes pointant un certain opportunisme de sa part.

Chroniqueurs privilégiés de la société et du quotidien, les rappeurs se sont faits quant à eux beaucoup plus discrets. «Ceux qui ont écrit les textes les plus violents craignent le retour de bâton, hésitent à prendre la plume», reconnaît Laurent Bouneau, directeur de Skyrock, la radio rap. Certainement parce que le journal satirique Charlie Hebdo était devenu la cible pour certains d'entre eux, après les caricatures de Mahomet.

Contexte délicat

Disiz, dans un message, avait proposé de «couper les mains de Charlie Hebdo», accusant le journal de favoriser l'amalgame entre musulmans et terroristes. Mais, au lendemain du 7 janvier, le rappeur ainsi que Diam's, Médine ou Kery James condamnaient sans réserve les attentats. Auteur d'un couplet qui réclamait un «autodafé contre Charlie Hebdo» dans une chanson écrite pour le film La Marche, Nekfeu reconnaissait regretter sa formule sur Facebook. «La punchline était déjà inacceptable à l'époque», explique Bouneau qui admet que, aujourd'hui, le contexte est délicat pour les rappeurs de rue. Dans une lettre, Kery James a tenu tout de même à rappeler, que «le vivre ensemble se construit sur le long terme et non uniquement de manière ponctuelle sous le coup de l'émotion». Avant de conclure par une citation du Prophète: «Le fort est celui qui maîtrise sa colère alors qu'il est capable de l'exercer.»

(c) Source : Le Figaro